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 Porcherie - Christophe Siebert

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ElricWarrior
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MessageSujet: Porcherie - Christophe Siebert   Ven 10 Fév - 11:37



€5.00
CHRISTOPHE SIÉBERT - Porcherie Volume 1 - Recueil de nouvelles - 40 pages
Couverture : peinture de Anne Van Der Linden


https://www.lescrocselectriques.com/product-page/9ce7b06b-2362-8ae0-fd6c-beb5103394b2


Et pour vous donner envie de l'acheter, je copie colle (honteusement) une excellente critique d'Antyryia27 sur http://www.babelio.com

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Antyryia27 janvier 2017
★★★★★
★★★★★

Vous avez une petite baisse de moral ? le genre humain vous désespère un peu plus chaque jour ?  Vous avez besoin de positiver ?
Ne lisez pas Porcherie.
Christophe Siébert nous propose ici un recueil de huit nouvelles courtes ( entre deux et six pages par texte soit un peu plus de trente pages de lecture ), le premier d'une série de cinq. Ils seront progressivement publiés aux éditions des crocs électriques. Illustré d'une couverture en papier calque ( peinture signée Anne van der Linden ), disponible à un prix modique, ça peut être l'occasion de découvrir le style unique d'un auteur qui en quelques lignes seulement parvient encore une fois à bousculer, déranger et faire réfléchir. D'autant plus que la majorité des textes ici présentés, qu'ils soient inédits ou édités dans des revues désormais épuisées pour la plupart, présentent différents niveaux de lecture. Et comme elles sont courtes, les relire pour profiter de leurs subtilités n'a rien de contraignant.
Si les histoires qui nous sont ici relatées sont davantage des morceaux de vie ( plutôt de fin de vie parfois ) laissant en partie libre cours à l'imagination, s'il est très souvent question de la famille et de l'amour qui relie ses membres ( pas toujours de façon inconditionnelle ), je les ai classées en binômes thématiques.
Dans le genre horreur, on retrouve "La vieille", initialement parue dans le recueil Dimension trash. L'histoire commence avec la mort d'une dame âgée, dont le corps sera retrouvé une quinzaine de jours plus tard, l'odeur ayant fini par alerter les voisins. La force de ce texte étant que si pas grand chose ne nous est épargné concernant la lente décomposition d'Aline Gougier, les passages putrides alternent avec les souvenirs de cette femme qui s'effacent à rebours, au fur et à mesure que son corps se dégrade. Cette nouvelle, c'est donc à la fois un alzheimer post-mortem, une réflexion sur les personnes seules dont la mort peut trop longtemps passer inaperçue et un cauchemar éveillé : le corps qui se désagrège et les pensées qui persistent dans la plus macabre des prisons de chair.
"Compassion" est une histoire choquante également, dont la dernière scène me hantera longtemps. Jean-Paul montre à son fils d'un an et demi comment se raser, à l'ancienne, avec un coupe-chou et un blaireau. Ce professeur de SVT de collège aime sans commune mesure tout ce qui est imberbe. Les poils le répugnent d'où cette passion ( obsession ? ) pour le rasage. D'où d'autres inclinations plus inavouables pour de trop jeunes filles qui vient à être révélée à tout son entourage professionnel et familial. Seule la fin nous plonge dans un bain de sang. le malaise est là en revanche tout au long de l'histoire, latent. le lecteur manque d'informations. Jean-Paul est il si profondément déviant ? A chacun de se faire son idée sur le crime ... et le châtiment.

Déjà présent dans La place du mort et Nuit noire, l'inceste est également un sujet que je ne suis pas surpris de retrouver en lisant les deux dernières nouvelles du recueil.
"Tête morte" est une conclusion forte au livre puisqu'il s'agit d'une forme de légitimation d'un acte sexuel interdit. Mais à partir de quand une relation est-elle incestueuse ? Quand Oedipe couche avec sa mère dans la mythologie, il ne sait pas qu'il s'agit d'elle alors doit on réellement considérer l'acte comme une faute ? Ici on est dans le même genre de doute.  Quand l'amour et la maladie s'en mêlent, les frontières du bien et du mal d'une morale bien pensante sont beaucoup plus floues. M'obliger à raisonner autrement m'a sorti de mon confort habituel de lecture et  quelques pages ont suffi. Ce qui est dérangeant.
Je suis plus partagé quant à la nouvelle "Ma soeur", plus crue, et pourtant non dénuée de poésie dans la forme ( quasiment aucune majuscule ou aucune ponctuation ). L'histoire d'un frère obsédé par sa frangine, par la fellation qu'elle pourrait lui faire. Les questions des frontières entre bien et du mal sont à nouveau posées, mais ici le lecteur sait les situer. A l'inverse du narrateur. Et c'est ce qui trouble cette fois. Ce petit obsédé ne se rend il vraiment pas compte du mal qu'il fait pour un simple assouvissement égoïste ?

La famille, et notamment le mariage et les sentiments de deux êtres qui se sont dit oui pour la vie est au centre de deux autres histoires.
"Amour" commence par ces lignes :"Longtemps je me suis demandé si j'aimais ma femme. Longtemps je me suis demandé aussi ( quoique moins souvent ) si ma femme m'aimait. Je crois que la question ne m'intéresse plus. Je crois que la réponse est non dans les deux cas." La vision du couple est donc noire. Et à nouveau, une claque en seulement deux pages de réflexions poisseuses sur les sentiments, sur l'illusion et les désillusions d'une union, et la seule façon d'en réchapper.
Le narrateur de "la première fois que j'ai tué mon père" est un collégien de douze ans. Un enfant qui déteste sa mère ( "Elle est laide et idiote mais je m'en fous, ça fait longtemps de toute façon que je n'ai plus de sentiments pour elle, enfin à part du mépris et un peu de haine, mais la haine passe doucement." ) et ressent une certaine admiration pour son père les rares fois où ce dernier ose s'opposer à son épouse. Une histoire que chacun interprétera comme il voudra mais qui m'a fait réaliser que l'absence de sentiments pouvait tuer plus sûrement qu'une arme blanche.

Le livre contient également deux histoires d'obsessions.
"Les vignes" est le seul texte humoristique de Porcherie, mais bien sûr l'humour est grinçant, le rire est jaune. Il arrive un drôle de tour à Dédé.
"Toutes les nuits, depuis une semaine, il y a un couple qui baise dans mes vignes"
Mais bien sûr, personne ne le croit. Dédé est la risée de ses compagnons de beuverie, la police se moque également de lui. Devient-il fou ? Il n'arrive jamais à temps pour interrompre ces ébats champêtres. Des fantômes peuvent ils laisser des préservatifs usagés ? Je vous laisse le soin de le découvrir.
Enfin, "Pas envie" a aussi un côté décalé, absurde puisqu'un homme ressasse jusqu'à la nausée certaines pensées dans les toilettes.
"Il se dit : bon, faut y aller.
Il se dit : sois courageux, connard.
Il se dit : pour une fois, fais ce que tu as dit. Pour une fois sois un homme.
Il se dit : ils comptent sur toi.
Il se dit : j'ai pas envie, ho putain que j'ai pas envie."
Et à nouveau, en moins de deux pages, ma gorge s'est nouée aux dernières lignes. Une scène en apparence anodine et quotidienne, un homme pour le moins hésitant ... et le décalage avec la tragédie à venir est encore renforcé, et encourage à relire la courte nouvelle en se demandant comment on a pu ne rien voir venir.

Le seul défaut de ce recueil, c'est finalement d'être trop court, même si certains textes sont amenés à être lus plusieurs fois. J'ai livré mes ressentis ou interprétations de différentes histoires, mais chacun pourra se faire son propre avis en fonction de ses idées et de son vécu. Les histoires ont une fin mais pas toujours de début ou de contexte clairement défini, ce qui laisse libre cours à l'imagination de chacun de s'exprimer.
Christophe Siébert est principalement connu pour avoir rédigé Nuit noire, à ce jour pour moi le roman qui est allé le plus loin dans l'horreur. Il l'est aussi pour ses érotiques publiés chez la musardine. Cet auteur là, je l'ai certes un peu retrouvé au travers de Porcherie, mais mon horizon s'est beaucoup élargi et ce serait une erreur d'être aussi réducteur. Les inspirations de l'auteur sont beaucoup plus variées et qu'il évoque la mort, la parentalité, l'amour, les déviances ou la folie, ce sont autant d'uppercuts qui laissent pensifs ou créent un malaise.
Huit coups de poing parce que quelques lignes suffisent parfois à passer un message, communiquer une idée.
Et, probablement par masochisme, j'en redemande.

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