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 Le Moine de Matthew Gregory Lewis.

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Darkside
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MessageSujet: Le Moine de Matthew Gregory Lewis.   Dim 29 Nov - 18:50





Ecrit en 1796, par un auteur de 19 ans, The Monk est un grand classique de ce qu’il est convenu d’appeler le roman gothique anglais, précurseur du roman noir et du genre fantastique (Qui apparait vers les années 1830 en Europe) . Comme un autre grand classique que l’on peut rattacher au genre gothique ou noir, le Manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki, construction est gigogne : dans le même roman divers personnage racontent leurs propres histoires, créant ainsi des histoires dans l’histoire, peut être sous l’influence des Mille et Une Nuits, traduit au XVIIIème siècle.

Le personnage central, qui donne son nom au roman, est le moine Ambrosio, prieur des Capucins de Madrid, dont les prêches attirent les foules. Cet homme est considéré comme un saint vivant. Ayant toujours vécu au monastère, protégé du monde, il est orgueilleux et sévère contre les pécheurs. Mais dés que la tentation apparait dans sa vie sous la forme du novice Rosario qui se révèle être une femme amoureuse de lui, le voila irrémé« diable »ment entrainé dans une spirale qui le conduira de la luxure à la magie noire, au meurtre, au pacte démoniaque et à la damnation. Très habilement se nouent autour les autres intrigues : le jeune noble Lorenzo rencontre dans l’église des Capucins la belle Antonia dont il tombe amoureux, et surprend dans la même église un échange de lettre entre sa sœur Agnès, religieuse Clarisse, et un inconnu qui se révèle être son ami Raymond…Je n’entrerai pas dans les détails pour ne rien dévoiler des péripéties et aventures diverses qui s’articulent, où l’on croise le terrifiant spectre de la nonne sanglante, le juif errant, une nécropole souterraine qui est loin d’être calme, fuites et poursuites, drogues et poisons, fantômes et bien sûr le diable qui est derrière tout ça. L’aventure et l’horreur sont au rendez-vous mais l’humour y est aussi présent, à travers des femmes vieillissantes comme Leonella toujours prête à être courtisée par des jeunes hommes ou superstitieuse et racontant à leur manière les événements comme Jacinthe.

Le fantastique n’est pas continu d’ailleurs : la première centaine de pages ressort beaucoup plus de l’aventure et pourrait être signée d’Alexandre Dumas. Par la suite on se trouve dans des ambiances macabres à la Poe (Mais ni Dumas ni Poe n’étaient nés quand Lewis écrivit Le Moine)

Précurseur du romantisme et du fantastique, The Monk n’en est pas moins héritier des écrits des lumières : l’anticléricalisme y est souvent présent : certains religieux (Par exemple la supérieure des Clarisses) y sont présenté comme cruels, inflexibles et plus préoccupé de la réfutation de leur maison que de la moindre humanité derrière une apparence dévote. On y trouve en plusieurs occasions des condamnations de la vie monastique considérée comme contre-nature, ou en tout cas de l’enfermement au couvent de jeunes gens qui ne l’on pas choisi, sur volonté de leurs parents (En ça on pense à La Religieuse de Diderot). Quoi que les héros soient de jeunes nobles, l’aristocratie n’y est pas non plus à son avantage : on la voit hypocrite et superstitieuse. Les masses non plus ne sont pas flattées, on le voit avec la foule, qui, apprenant la cruauté de la supérieure, se met à saccager le couvent et massacrer sans distinction toute religieuse qui lui tombe sous la main.

Gothique, noir, fantastique, Le Moine ne manque pas non plus de finesse psychologique : Ambrosio est un être complexe, ni franchement bon ni franchement mauvais. Il est plein d’hésitations, il se laisse emporter en condamnant cruellement Agnès, la nonne fautive, puis pris de pitié il voudrait l’aider mais se rend finalement à la raison de celles qui lui disent de n’en rien faire (La prieure, puis Mathilde). Il cède à la passion, cherche à se convaincre du peu de gravité de son péché. Finalement il prend à chaque fois les mauvaises décisions qui l’entrainent de plus en plus loin dans le crime, jusqu’à la fin où se laisse aller désespoir dans le sens chrétien : persuadé que ses péchés sont trop graves pour être pardonné, et après avoir une ultime fois hésité, il se donne au diable. Le diable, qui lui était apparu comme le très beau Lucifer se révèle alors l’affreux Satan, et les révélations qu’il fait lui montrent à quel point il avait comploté dés le début la chute du prieur.

Admiré par Sade (qui le dit« supérieur sous tous les rapports, aux bizarres élans de la brillante imagination d’Ann Radcliffe »), et André Breton, qui salue « le souffle de merveilleux [qui] anime tout entier [Le Moine] » ce roman qui fit scandale à son époque (Lewis dut même en écrire une version édulcorée) existe dans la première traduction, celle de Léon de Wailly (1840) et dans une traduction/adaptation d’Antonin Artaud.

« Le Moine fait du surnaturel une réalité comme les autres » Artaud
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MessageSujet: Re: Le Moine de Matthew Gregory Lewis.   Lun 30 Nov - 11:27

Je l'ai lu il y a très longtemps, pour me faire une idée des précurseurs du romantisme, pour le bac, puis je l'ai relu il y a quelques années, avec la force de l'expérience. Le moine souffre un peu de l'écriture de son temps. Tournures alambiquées, jeunes filles pures et naives, vilains clercs salaces...tout cela est fort convenu, mais sympa quand mêm, si on remet l'histoire dans son contexte historique. Sans être prévenu, on dirait un peu un roman à l'eau de rose avec des touches obscures.

Mais c'est encore la scène des souterrains qui laisse la plus durable empreinte.
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MessageSujet: Re: Le Moine de Matthew Gregory Lewis.   Lun 30 Nov - 20:09

Jamais lu, et pourtant j'aime la littérature gothique, mais l'écriture prévictorienne est vraiment pas très agréable. C'est pire que Melmoth ou pas? (parce que au niveau histoire à tiroirs et impossible à lire sur une longue période ça se pose là, même si c'est génial)
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MessageSujet: Re: Le Moine de Matthew Gregory Lewis.   Lun 30 Nov - 21:08

Je n'ai pas lu Melmoth (Un grand classique parait-il aussi)...

Certes ce roman est à replacer dans une époque mais je ne l'ai pas trouvé ennuyeux et il n'y a pas trop de "tiroirs" qui alourdiraient le récit.

Moi qui n'aime pas les histoires trop longues je l'ai lu sans m'ennuyer...Relu plutôt puisqu'il y a trés longtemps j'avais déjà lu la version d'Artaud
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MessageSujet: Re: Le Moine de Matthew Gregory Lewis.   Mar 1 Déc - 5:32

J'ai lu Monk Lewis il y a pas mal de temps. Un style très alambiqué et lourd comme tous les auteurs européens de son époque. Les traits des personnages et de chaque situation sont, à mon avis, un peu trop forcés.

Comme il s'agit d'un précurseur c'est un incontournable qu'il faut avoir lu.
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MessageSujet: Re: Le Moine de Matthew Gregory Lewis.   Mar 1 Déc - 8:54

C'est vraiment très personnel de savoir si l'on accroche ou pas à ce style d'écriture.
Moi, je l'ai lu et cela deux fois à quelques années d'intervalle, j'ai lu Melmoth, mais j'ai préféré "Le Moine" qui pour moi reste un livre comme il y en a peu.

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MessageSujet: Re: Le Moine de Matthew Gregory Lewis.   Mar 1 Déc - 16:43

Elisandre a raison : accrocher et/ou apprécier un auteur ou un style est chose vraiment personnelle.
"Le Moine" est - et je me répète- un incontournable .

Lacune de ma part : je ne connais pas Melmoth.
Que conseilleriez-vous pour s'y attaquer?
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ELISANDRE
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MessageSujet: Re: Le Moine de Matthew Gregory Lewis.   Mer 2 Déc - 12:51

On parle bien du Melmoth, l'Homme Errant, écrit par Charles Maturin, le grand oncle d'Oscar Wilde ?

Je pense, que Maturin a pensé à son neveu comme modèle de ce roman, ce personnage lui convient tout à fait.

"Oeuvre Romantique Noire la plus aboutie. En effet toutes les thématiques du genre sont poussées à leur paroxysme: des cachots de l'inquisition aux jungles impénétrables de l'Inde, de la damnation à l'amour. Sentiments à leurs extrêmes, déchirements cornéliens.

Son acteur principal, c'est Melmoth l'errant condamné à jouer le rôle du Tentateur. Il va à sa guise dans les cellules de l'Inquisition, aucun prêtre n'a su l'exorciser, quiconque croise son regard sombre dans la folie.
Cette oeuvre a marqué de nombreux auteurs: Balzac qui a écrit Melmoth réconcilié, Lautrémont et ses Chants de maldoror, Baudelaire qui voulut le traduire, peu avant sa mort...

Ce livre est à l'image de l'âme humaine et des sentiments qu'il décrit: inépuisable!

Je te le conseille en premier

"Avant d'être l'histoire de Méphistophélès, du serviteur de Lucifer, Melmoth est le roman épique des commencements de l'humanisme contemporain : 1820, une date-clé pour le roman et pour l'esprit. Melmoth est l'Homme errant, l'homme dont l'errance est marquée du sceau de Caïn, non pas un démon ou un serviteur cynique du démon, mais un homme en proie à son immortalité. Impossible pour l'homme de rompre son pacte avec le passé qui fut le sien : Melmoth fut d'abord le compagnon d'un héros de l'occultisme- à qui Gustav Meyrink, par ailleurs, consacra son roman l'Ange à la Fenêtre d'Occident.
Il est vrai que l'on n'entre pas dans Melmoth sans s'attendre à rencontrer le double, l'Adversaire, contre lequel il était vain, au début du XIXème siècle, de se battre. Puisque l'Adversaire y était plutôt l'allié de la conscience prométhéene, faustienne, l'allié de l'homme "industrieux", opiniâtrement industrieux, enchaîné par le démon de son irrésistible ascension vers la connaissance de la matière, des particules, de l'énergie électrique, de la démesure. Bien entendu, Melmoth est un roman contemporain, et bien que ce soit par la métaphore du pouvoir de l'Eglise que son auteur dénonce l'emprise démoniaque du désir de puissance, la mise en garde n'en est que plus efficace. "

Un autre livre que j'ai lu presque en même temps et que j'ai apprécié est "La Religieuse", de Diderot, encore un monument du romantisme noir.

Rien à voir avec ce qui a été dit, mais j'aime bien la photo de la couverture présentée par Darkside.

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MessageSujet: Re: Le Moine de Matthew Gregory Lewis.   Mer 2 Déc - 15:35

Merci, Elisandre, de ces précisions.

Pour l'anecdote, je me suis fait "La Religieuse" de Diderot - enfin, le livre, pas la religieuse- dans un cadre scolaire. En de telles conditions où il faut disséquer chauqe phrase et chaque expression, ce ne donne pas envie de le relire.
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MessageSujet: Re: Le Moine de Matthew Gregory Lewis.   Jeu 3 Déc - 22:50

C'est une bonne expérience que de relire cette histoire dans d'autres circonstances et après les acquis que tu as cumulés par d'autres lectures.

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