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 Condamné à mort

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ElricWarrior
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MessageSujet: Condamné à mort   Lun 21 Sep - 6:39

USA: sursis de 10 jours pour un condamné à mort auquel l'injection n'a pu être faite


CHICAGO — Un condamné à mort américain, qui avait passé deux heures dans une chambre d'exécution sans que l'équipe chargée de sa mise à mort ne parvienne à trouver une veine pour administrer l'injection mortelle, a obtenu vendredi un sursis de 10 jours d'un juge fédéral.

Romell Broom, un Noir de 53 ans, a été condamné à mort pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'une adolescente en 1984. Son avocat, Timothy Sweeney, a dit vendredi à l'AFP qu'il allait réclamer qu'il échappe à la peine capitale, car selon lui une deuxième tentative violerait la constitution en lui infligeant un traitement cruel.

Mardi, sous le regard de quatre journalistes et de trois membres de la famille de la victime, l'équipe d'exécution de l'Etat de l'Ohio (nord) avait tenté sans succès pendant deux heures de trouver une veine utilisable pour lui administrer l'injection mortelle.

Le gouverneur de l'Etat, saisi, avait alors ordonné un sursis de sept jours et M. Broom avait été ramené dans sa cellule.

"Ils ont tenté 18, 19, 20 fois, dans le bras, la jambe, partout", a souligné M. Sweeney. "Il a essayé de les aider mais c'était incroyablement douloureux, à tel point qu'il s'est effondré et s'est mis à pleurer".

La procédure d'injection mortelle de l'Ohio a déjà fait l'objet de critiques à plusieurs reprises. Depuis 2006, deux détenus ont dû attendre plus d'une heure que l'équipe trouve une veine dans laquelle introduire les trois produits conduisant à la mort: un sédatif, un produit paralysant les muscles et un autre arrêtant le coeur.

Mais, selon des spécialistes, un seul autre détenu à ce jour est retourné vivant dans sa cellule aux Etats-Unis. C'était en 1946 en Louisiane (sud). Il s'agissait d'un jeune noir, Willie Francis, qui avait survécu à la chaise électrique. Les mêmes arguments que ceux avancés par M. Sweeney avaient été présentés à la justice qui les avait repoussés par 5 voix contre 4.

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Keridwen
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MessageSujet: Re: Condamné à mort   Lun 21 Sep - 14:52

Pas trouvé de veine? et pour lui sauver la vie on aurait fait comment ? J'ai un circuit veineux pourri, mais on trouve toujours le moyen de me piquer pour me faire une prise de sang ou administrer un antalgique. Alors là... Ils sont bizarre ces américains.
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ELISANDRE
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MessageSujet: Re: Condamné à mort   Lun 21 Sep - 23:06

Tu as tout à fait raison Keri.

On appelle cela de l'incompétence, de plus, la torture morale est de la partie.

Bien entendu, certains diront qu'ils s'agit d'un meurtrier, OK, à chacun son opinion.

On en parlait justement avec des proches dimanche, est-on capable de vouloir la mort de l'assassin de son enfant 15 ans après, moi, personnellement je me dis que oui, c'est très possible, et vous ?
Tu en penses quoi Keri puisque tu es maman également

Je parle ici d'un délit prouvé où aucun doute n'est permis.

On me disait que peut-être dans un tel cas, on devrait laisser la famille décider, la peine de mort ou la prison à vie, c'est peut-être pas une mauvaise solution.

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MessageSujet: Re: Condamné à mort   Mar 22 Sep - 8:19

Si ils ne trouvent pas une veine, reste quand même assez de façon de l'executer, et la torture moral, pourquoi pas mais bon, c'est du temps et de l'argent et c'est le contribuable qui paie ...si la veine tu ne trouves pas, dans la tête une balle tu logeras
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Keridwen
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MessageSujet: Re: Condamné à mort   Mar 22 Sep - 9:57

Ben je sais pas. Je suis très circonspecte. Je trouve ça déja odieux de souhaiter la mort de quelqu'un. Mais si c'était quelqu'un qui m'avais fait du mal à moi personnellement, est ce que je réagirais pareil? j'espère ne jamais le savoir.
J'écoutais une interview hier sur les conditions de détention en france et leur très fort taux de suicide. Les prisonniers se suicident parce qu'ils ne sortent pas de leur cellule. Pourquoi ne sortent il pas? Parce que si ils sortent, ils vont se faire casser la gueule. Pourquoi ? Parce que ce sont des abuseurs sexuels, très souvent. D'un côté, c'est bien fait pour leur gueule, d'un autre côté, à quoi bon? On sait que les abuseurs sexuels sont pas vraiment maitres de leurs actes, et que la prison n'arrangera rien. Est ce que ça vaut vraiment la peine de leur infliger ça en plus? C'est pas parce que quelqqu'un s'est senti le droit d'être méchant que ça nous donne le droit de l'être. Faut savoir s'arrêter, sinon, on vaut pas mieux que lui.
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MessageSujet: Re: Condamné à mort   Mar 22 Sep - 10:57

"...si la veine tu ne trouves pas, dans la tête une balle tu logeras" a dit existenz.

Pourquoi pas, puisque aucune méthode ne se révèle efficace à 100 pour cent, bien que celle-là peut foirer également.

Torture morale, cela équivaut à la prison à vie, que l'on soit pour ou contre la peine de mort, un point est certain, il faut mettre les criminels hors d'état de nuire, les soins se révélant peu efficaces.

C'est aussi vrai Keridwen que certains jours à chaud, on s'imagine capable de la pire des vengeances au cas où....., mais devant l'acte, que ferait-on réellement.

Deux phrases célèbres, pas si contradictoires que cela, bien que formulées par deux personnages très différents.

"La peine de mort est une peine immorale, ou du moins inutile, parce qu'elle habitue le peuple au spectacle des supplices, et parce qu'elle ne répare rien; car malheureusement la mort du meurtrier ne rend point la vie à la victime." Vidocq

:« Vous avez fait vos enfants tels qu'ils sont.... Ces enfants qui viennent à vous avec des couteaux, ce sont vos enfants. Vous leur avez appris. Je ne leur ai pas appris. J'ai juste essayé de les aider à se lever.... Vous pouvez me rejeter la faute, mais je suis seulement ce qui vit à l'intérieur de chacun d'entre vous. Mon père est votre système .... je suis seulement comme vous m'avez fait. Je suis votre reflet ».Charles Manson

Je ne savais pas qu'Ed Kemper avait un tel sens de l'humour, tu en as d'autres ?

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MessageSujet: Re: Condamné à mort   Lun 28 Sep - 16:30

Citation :
Pas trouvé de veine? et pour lui sauver la vie on aurait fait comment ?

bah surement qu'il doit peser 200kg, je vois pas d'autre possibilités parce que pour pas trouver de veines faut le faire :s
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ELISANDRE
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MessageSujet: Re: Condamné à mort   Mar 29 Sep - 10:07

Un texte que j'ai trouvé sur le net.

"Aux Etats-Unis, tous les condamnés à mort ne meurent pas anesthésiés. C'est un constat médical à bien des égards dérangeant que publie, dans son édition datée du 16 avril 2005, l'hebdomadaire médical britannique The Lancet. Ce travail est signé par un groupe de médecins américains dirigés par Leonidas G. Koniaris, spécialiste de chirurgie cancérologique et de soins palliatifs (Miller School of Medicine, Université de Floride). Les auteurs de cette publication ont analysé les données médicales et toxicologiques consignées dans les dossiers des personnes exécutées aux Etats-Unis par injection létale.

Dosages insuffisants
Leonidas Koniaris et ses collègues ont tout d’abord passé en revue les protocoles d’injections létales utilisés dans les Etats du Texas et de Virginie (où se déroulent 45 % des exécutions) et ont interviewés des témoins et des responsables des prisons. Il est apparu qu’en général une dose de 2g de thiopental est utilisée et, qu’en raison de cette forte concentration, aucune procédure n’est prévue pour s’assurer de la profondeur de l’anesthésie et de la perte de conscience avant l’injection de curare. Selon Koniaris, si la dose de thiopental est bien supérieure à ce que l’on prescrit habituellement pour une injection anesthésique (3 à 5 mg/kg), la perte de conscience n’est pas maintenue au cours de l’exécution par une perfusion continue (de 1 à 1,5 mg/kg) comme c’est le cas au bloc opératoire. Or le délai moyen entre la première injection et le décès est de huit minutes quatre. Ainsi, la dose totale de thiopental est en réalité faible et peut même être insuffisante si l’exécution s’éternise. Koniaris insiste également sur le fait que les condamnés sont dans un état hyper adrénergique provoqué par le stress lors de l’injection, ce qui pourrait induire une augmentation des besoins en anesthésiques pour obtenir une perte de conscience suffisamment profonde. Enfin, il rappelle que de nombreux condamnés sont toxicomanes, ce qui peut également induire une tolérance relative aux hypnotiques.

Bourreaux sans formation
Pour vérifier l’hypothèse d’une anesthésie insuffisante lors des injections de curare et de potassium, Koniaris et son équipe ont repris les données toxicologiques de 49 autopsies de condamnés réalisées dans quatre autres Etats américains. Les résultats montrent que certains condamnés resteraient conscients lors de l'administration des produits mortels, d'après la concentration de produits d'anesthésie (thiopental sodique) retrouvée dans leur sang après leur mort. Les taux de thiopental sont très variables en post mortem puisqu’ils vont de simples traces dans certains cas à des valeurs allant jusqu’à 370 mg/l (valeur médiane 15,5 mg/l). Les auteurs expliquent ces grandes variations, par de probables fautes techniques dans la préparation des produits ou dans le mode d’injection par des personnels pénitentiaires non qualifiés. Les injections sont faites par des personnes non-formées aux techniques d'anesthésie et les effets des produits anesthésiants ne sont pas médicalement vérifiés avant l'administration du pancurorium bromure qui entraîne la paralysie, puis le chlorure de potassium qui provoque l’arrêt cardiaque, relèvent-ils. Des difficultés techniques (impossibilité de poser une voie veineuse dans un délai raisonnable ou interruption de la perfusion) conduisent de fait assez souvent à des incidents avec prolongation de la durée de l’exécution au delà d’une demi-heure ou à une agitation inhabituelle du condamné après la première injection.

Un feu intérieur
Quoi qu’il en soit, si ces taux post-mortem sont considérés comme de bons marqueurs des concentrations obtenues durant l’exécution, ce qui est probable selon Koniaris, on peut estimer en se basant sur l’expérience des anesthésistes, que 43 des 49 condamnés étaient conscients durant l’une des phases de l’exécution et que, dans la très grande majorité des cas, l’état des sujets aurait été jugé incompatible avec une intervention chirurgicale par un anesthésiste (le taux moyen de thiopental supprimant la réponse à une stimulation forte du trapèze chez plus de 50 % des sujets est de 38,9 mg/l, valeur que ne dépassaient que six des condamnés). Il est donc possible qu’un grand nombre de condamnés soient conscients durant certaines phases du processus d’exécution qui, rappelons-le, dure en moyenne huit minutes, mais que la curarisation rend cet état de conscience totalement inapparent pour les témoins. Ainsi, le bromure de pancuronium provoque chez le détenu encore conscient une sensation de brûlure intense dans les veines où le produit s'écoule. Le condamné peut donc souffrir atrocement tout en suffoquant lentement et cela sans rien laisser transparaître.

« Ce doit être une façon cruelle de mourir : éveillé, paralysé, incapable de bouger, de respirer, alors que le potassium vous brûle les veines », affirme The Lancet, relevant que « la peine de mort est une atrocité » et que les médecins ne devraient pas « participer à cet acte barbare ». Ce risque d’une mort consciente et douloureuse n’a d’ailleurs pas échappé aux autorités sanitaires de certains Etats américains, puisque l’utilisation de curarisants, qui masquent un éventuel réveil, est interdite dans 19 Etats, dont le Texas, ainsi que par l'Association médicale vétérinaire américaine (AVMA)… pour l’euthanasie des animaux. Ainsi, les conditions actuelles d'exécution d'êtres humains « ne répondent même pas aux critères requis par les vétérinaires pour tuer des animaux ».

Pour « prévenir une cruauté et des souffrances inutiles », il est donc justifié, concluent-ils, de « cesser les injections létales et d'examiner publiquement » cette pratique.

Cet article a déjà conduit plusieurs cours à stopper temporairement des exécutions par injection létale, selon Richard Dieter directeur du Death Penalty Information Center, organisme à but non lucratif et impartial.


Maela Castel "

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MessageSujet: Re: Condamné à mort   Mar 29 Sep - 12:20

Illustration assez crue de la stupidité de notre société, qui va même jusqu'à rater les exécutions qu'elle orchestre...

Quelle déchéance...


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ELISANDRE
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MessageSujet: Re: Condamné à mort   Ven 2 Oct - 23:03

Ohio : un condamné à mort raconte son exécution ratée

"Romell Broom est un survivant. Du moins à ce jour. Condamné à mort pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'une adolescente en 1984 dans la banlieue de Cleveland, cet Afro-Américain de 53 ans aurait dû être exécuté le 15 septembre au pénitencier de Lucasville (Ohio). "Aurait dû", car l'équipe chargée de sa mise à mort n'a pas réussi à trouver une veine pour administrer l'injection mortelle.

Deux heures de tâtonnements et de souffrances auront été nécessaires avant que le gouverneur de l'Etat, Ted Strickland, ne décide de suspendre l'exécution. Deux heures insoutenables, passées en partie sous le regard d'une dizaine d'agents carcéraux, de quatre journalistes et de trois membres de la famille du condamné.

L'affaire a relancé le débat sur les équipes médicales chargées d'administrer la mort. Le fait est que dans la longue histoire des exécutions capitales aux Etats-Unis, cette situation de sursis temporaire dans laquelle se trouve Romell Broom est rarissime. On ne connaît qu'un seul cas, en 1946, où un certain Willie Francis, un Afro-Américain condamné pour meurtre, a survécu à la chaise électrique en raison d'une défaillance matérielle. Il n'y réchappera pas un an plus tard.

Aujourd'hui, Romell Broom est retourné dans sa cellule. Après un premier sursis de dix jours, il vient de voir repoussée, par un juge fédéral, au 30 novembre, la décision devant statuer sur son sort. Deux nouveaux mois avec cette peur au ventre de revivre un nouveau calvaire, comme il dit.

Dans une déclaration sous serment devant Marcia Dukes, notaire public, deux jours après son exécution ratée, Broom raconte chaque détail. Un récit de 4 pages sous forme de monologue, glacial et serein à la fois, mais toujours hanté par sa condition de condamné en sursis. Il y décrit comment il fut transféré le 14 septembre dans la cellule des exécutions. Le lendemain, vers 14 heures, son dernier recours rejeté, un gardien vient lui lire son ordre d'exécution. "Deux infirmiers sont entrés dans ma cellule et m'ont conseillé de m'allonger. L'un d'entre eux était un homme blanc, l'autre une femme blanche."

Trois matons s'installent dans la pièce. L'un se tient debout à sa droite, l'autre à sa gauche et le troisième à ses pieds. "Les infirmiers essayaient simultanément de trouver des veines dans mes bras. La femme essaya trois fois au milieu de mon bras gauche. L'infirmier essaya trois fois au milieu de mon bras droit."

Après ces six tentatives infructueuses, les deux infirmiers demandent à Romell Broom de faire une pause qui durera "environ deux minutes et demie".

Une fois de retour, l'infirmière tente à nouveau de trouver une veine dans le bras gauche : "Elle a dû toucher un muscle parce que la douleur m'a fait hurler." L'infirmier fait un nouvel essai sur le bras droit. Il réussit à accéder à une veine, mais lorsqu'il tente d'insérer le cathéter intraveineux, "il le perd et du sang coule sur mon bras", dit Romell Broom. Au moment de quitter la pièce, un gardien demande à l'infirmière si elle se sent bien. "Elle répondit "non" et prit la porte."

Nouvelle pause. L'infirmier sort à son tour. "Le maton installé à ma droite me posa la main sur mon épaule droite et me conseilla de me relaxer." Broom affirme alors souffrir "beaucoup" et qu'il lui est difficile "d'étendre ou de bouger ses bras". L'infirmier revient. Il porte des serviettes chaudes à la main, afin de l'aider à trouver les veines, lui dit-il. Après les avoir appliquées sur le bras gauche, l'homme effectue une tentative au milieu du bras. L'infirmier passe ensuite à la main gauche qu'il perfore à trois reprises. "Après cette troisième tentative, il a fait remarquer que la consommation d'héroïne avait endommagé mes veines, poursuit Romell Broom. J'ai été contrarié par ce commentaire parce que je n'ai jamais pris d'héroïne ni aucune autre drogue par intraveineuse."

Poursuivant son récit il affirme que l'infirmier n'arrêtait pas de répéter que la veine était là, "juste là". Et d'ajouter : "J'ai essayé de les aider en essayant d'étendre mon bras." Nouvelle pause. Nouvelle intervention d'un des gardiens qui lui conseille de "se relaxer". "A ce stade, je me suis senti très mal, affirme Romell Broom. J'ai commencé à pleurer à cause de la douleur. Les infirmiers plaçaient les aiguilles dans des zones déjà contusionnées et gonflées. J'ai demandé à arrêter le processus et s'il était possible de parler à mon avocat."

Le responsable des gardiens lui demande alors de se mettre assis afin que "le sang coule plus librement". Entre dans la pièce l'infirmière en chef ; "une femme asiatique" qui "tenta d'accéder à des veines de ma cheville droite". D'après Romell Broom, l'aiguille percute un os. "J'ai crié, dit-il. Dans le même temps, l'infirmière en chef a essayé d'atteindre une veine dans la partie inférieure de ma jambe gauche tandis que l'infirmier essayait simultanément d'accéder à une veine de ma cheville droite."

Nouvel échec, l'infirmière en chef quitte la salle. Son collègue, lui, reste auprès de Romell Broom et effectue deux tentatives à la main droite.

Romell Broom poursuit son récit : "Le degré de souffrance était à son maximum." Encore une fois, le chef des gardiens lui demande de "se relaxer". Le directeur de l'établissement fait alors son entrée et annonce que la procédure d'exécution est interrompue. Il s'adresse au condamné pour lui dire qu'il a apprécié sa coopération. "Il a également loué le professionnalisme de son équipe."

A l'issue de sa déclaration, Romell Broom note : "Attendre d'être encore exécuté est angoissant." Et cette ultime phrase : "Je suis sans cesse ramené au fait que je vais devoir subir la même torture que celle que m'ont infligée les autorités de l'Ohio ce mardi 15 septembre 2009, parce que le protocole d'exécution de l'Ohio n'a pas changé, et l'état de mes veines non plus."

Nicolas Bourcier.

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