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 L’INCONNUE DE LA VALLÉE D’ISDALEN

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ElricWarrior
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MessageSujet: L’INCONNUE DE LA VALLÉE D’ISDALEN   Lun 22 Oct - 11:35

Le 29 novembre 1970, on retrouve le corps nu d’une femme non identifiée dans la vallée d’Isdalen à Bergen, en Norvège. Aujourd’hui encore, on s’interroge sur l’identité de la victime, sur les événements ayant mené à sa mort et sur les causes mêmes de son décès. Une affaire d’autant plus énigmatique qu’elle en rappelle par bien des points une autre qui s’est déroulée en Australie.

MACABRE DÉCOUVERTE

Au sud-ouest de la Norvège, autour de la ville de Bergen, s’élèvent sept montagnes. La plus élevée d’entre elles, le mont Ulriken, culmine à 643 mètres et attire les promeneurs aguerris qui, en le gravissant, ont l’impression d’entrer dans l’histoire du pays. Il est vrai que ce sommet, qui abrite des tertres funéraires très anciens, fut de tout temps une source d’inspiration pour les artistes. Le célèbre dramaturge norvégien Henrik Ibsen lui a, notamment, consacré trois poèmes.
Mais il n’est pas certain que l’universitaire randonneur qui, en ce 29 novembre 1970, arpente le flanc nord de la montagne en compagnie de ses deux filles, ait tout ceci en tête. Plus probablement laisse-t-il juste son esprit flâner en communion avec la nature sauvage. Une horrible découverte va pourtant se charger de le ramener brutalement à l’implacable réalité.
Il est environ 13 heures 15. Le trio est en train de traverser le lieu connu sous le nom de vallée d’Isdalen, un site au relief tourmenté couvert de rochers moussus et d’une végétation verdoyante, lorsque l’une des filles de l’universitaire pousse un hurlement strident. Ce qu’elle vient de voir est si abominable qu’elle est tétanisée d’épouvante. Alors que sa sœur, également choquée, se tient en retrait, leur père s’approche prudemment.
Devant eux, à quelques mètres du sentier de randonnée, gisent les restes partiellement calcinés d’une femme nue, mal dissimulés parmi les rochers. Ses cheveux noirs ont roussi et son corps porte de terribles blessures.
Tout près, le promeneur découvre les traces d’un feu de camp, les reliefs d’un pique-nique, une douzaine de somnifères de couleur rose de marque Fenemal, une petite bouteille de liqueur St. Hallvard vide ainsi que deux bouteilles en plastique qui empestent l’essence.

ENQUÊTE POUR MEURTRE

Dépêchées sur place, les forces de police de Bergen ont tôt fait de boucler la zone. Il est décidé d’ouvrir sans tarder une enquête pour homicide. Les policiers en charge du dossier, bientôt baptisé « L’inconnue d’isdalen », ignorent encore qu’ils vont aller de surprise en surprise…
L’autopsie initiée rapidement délivre déjà quelques précieuses informations : la victime non identifiée est décédée à la fois des brûlures qu’elle a subies et d’une intoxication au monoxyde de carbone. Dans son sang, on trouve une petite quantité d’alcool, probablement issue de la bouteille de liqueur. De son tube digestif, on retire pas moins de 50 comprimés de somnifère ! Quant à l’examen externe, il révèle d’abord que la peau des doigts a été poncée, ce qui ne permet pas d’obtenir les empreintes digitales de la jeune femme. Ensuite, elle arbore au cou une large ecchymose, peut-être due à un choc violent ou à un coup porté directement au visage. En outre, l’analyse approfondie de sa dentition révèle qu’elle a reçu des soins dentaires en… Amérique latine ! Et enfin, comme pour compliquer l’affaire, toutes les étiquettes de ses vêtements ont été arrachées…
Quelque temps plus tard, une nouvelle découverte sur l’indication d’un témoin, au lieu d’éclaircir le mystère, ne fait qu’en renforcer l’opacité. Dans la consigne de la gare Norges Statsbaner (NSB) de Bergen, on met la main sur deux valises appartenant à la victime. À l’intérieur des bagages, la police trouve en premier lieu une ordonnance pour une lotion, mais le nom du médecin et la date sont illisibles.
La paire de lunettes brisée qui l’accompagne permettra d’obtenir quelques fragments d’empreintes digitales, mais sans grand résultat. En revanche, les verres ordinaires sans correction font tout de suite penser à un accessoire de déguisement. Dans la doublure de la valise, sont dissimulés des billets pour un montant s’élevant à 500 deutschemarks. Enfin, les valises contiennent plusieurs documents cryptographiés qui, après décodage, délivrent des informations sur les dates et lieux que la victime a visités en Norvège.

UN PROFIL ÉMERGE

Dans les premiers temps de l’enquête, la police tente de retracer son parcours et de récolter tous les éléments pour brosser de l’inconnue un portrait aussi fidèle que possible.
La dernière fois qu’on la voit vivante, c’est le 23 novembre 1970 lorsqu’elle règle son séjour dans la chambre 407 de l’hôtel Hordaheimen de Bergen. Après coup, le personnel se rappelle bien d’elle, une femme brune, fumeuse, âgée entre 30 et 40 ans, mesurant environ 1,65 mètre, aux hanches larges et aux petits yeux.
Durant son passage dans l’hôtel, elle ne quitte guère sa chambre et semble en permanence inquiète, comme sur ses gardes. Un client de l’hôtel indique à la police qu’elle fumait des cigarettes South State, une marque populaire norvégienne commercialisée à partir de 1941. Dans le même hôtel, un autre client apprend aux enquêteurs qu’il a entendu l’inconnue s’adresser à un autre homme dans le hall pour lui dire « Ich komme bald », ce qui signifie en allemand « Je viens bientôt ». À son départ, la jeune femme paie son séjour en espèces et saute dans un taxi pour une destination inconnue. Personne ne la reverra vivante…
À mesure que d’autres témoins viennent apporter leur contribution, le profil de l’inconnue se précise : la femme maîtrisait plusieurs langues puisqu’on l’a entendue s’exprimer en français, en allemand, en anglais et en néerlandais. Elle a passé plusieurs nuits dans divers hôtels de Bergen, changeant parfois de chambre au sein du même établissement. À chaque fois, elle a expressément demandé une chambre dépourvue de balcon.
Sur les registres des hôtels, elle note des professions qui, a posteriori, semblent fantaisistes, comme spécialiste en antiquités ou vendeuse itinérante. Le personnel des hôtels où elle a séjourné a mentionné son goût pour le porridge agrémenté de lait…
En retraçant le parcours de l’inconnue, la police remonte jusqu’à l’hôtel Alexandra, un établissement réputé bâti en 1884 dans le village de Lœn, dans le comté de Sogn og Fjordane, à 300 kilomètres environ au nord-est de Bergen. Elle se rapproche alors d’un photographe italien qui aurait justement dîné à l’hôtel avec l’inconnue. L’homme intéresse la police à plusieurs titres : il a déjà été mêlé à une sordide affaire de viol (mais innocenté) et, dans les valises de la victime, se trouvait également une carte postale réalisée à partir de l’une de ses photos.
Interrogé, le photographe fournit un alibi et rapporte ce qu’il sait de la jeune femme, à savoir qu’elle viendrait d’une petite localité au nord de Johannesburg (Afrique du Sud) et qu’elle comptait passer six mois en Norvège pour en admirer les plus beaux sites.

UNE VOYAGEUSE À LA PERSONNALITÉ MULTIPLE

Ces différents témoignages, combinés aux éléments récupérés sur le corps, permettent à la police norvégienne d’établir un portrait-robot qui est ensuite diffusé dans de nombreux pays grâce à Interpol.
Outre son aspect physique, le profil précise que la jeune femme avait un style vestimentaire provocant et semblait apprécier les accessoires de mode venus d’Italie.
Peu à peu, le parcours se complète et l’on découvre grâce à son carnet codé que l’inconnue d’Isdalen a voyagé non seulement à travers la Norvège, mais également dans plusieurs pays d’Europe. En tout, elle a adopté pas moins de neuf identités différentes lors de son périple. Il va sans dire qu’aucune de ces identités n’est authentique. Et des témoins confirment qu’elle utilisait plusieurs perruques.
Le 20 mars 1970, elle atterrit à Oslo, en provenance de Genève. Du 21 au 24 mars, elle séjourne à l’hôtel Viking de la ville sous le nom de Geneviève Lancier. Puis le 24 mars, elle s’envole pour Stavanger, toujours en Norvège, d’où elle emprunte le bateau express pour Bergen. Elle passe une nuit à l’hôtel Bristol sous le nom d’emprunt de Claudia Tielt puis, dès le lendemain, change d’hôtel et reste jusqu’au 1er avril à l’hôtel Scandia toujours sous le nom de Claudia Tielt. Le 1er avril, c’est le départ pour Stavanger, Kristiansand, Hirtshals, Hambourg et Bâle. Elle ne reviendra en Norvège que six mois plus tard.
L’emploi du temps de l’inconnue d’avril à octobre ne figure pas dans son carnet, mais certaines sources estiment qu’elle aurait habité durant cette période en Allemagne sous une autre fausse identité. Toujours est-il que lorsque le carnet de bord reprend, la jeune femme se trouve en Suède.
Le 3 octobre, elle débarque à Oslo depuis Stockholm, puis se rend à Oppdal, une station de ski à la mode, où elle passe la nuit à l’Oppdal Turisthotell avec le photographe italien. Tous deux dînent plus tard à l’hôtel Alexandra de Lœn.
Ensuite, on la retrouve le 22 octobre à Paris où elle passe une nuit à l’hôtel Altona, puis fait partie de la clientèle de l’hôtel Pas-de-Calais du 23 au 29 octobre. Ce jour-là, elle quitte la France pour retourner encore en Norvège, d’abord à Stavanger, puis par le bateau express à Bergen où elle arrive le 30 octobre. Jusqu’au 5 novembre, elle séjourne au Neptun Hotel sous le nom d’Alexia Zerner-Merches. Un incident l’oppose à un homme au comportement inhabituel. Certains témoins l’auraient vue frapper cet homme. Le 6 novembre, elle repart vers Trondheim où elle se fait passer pour une certaine Vera Jarle uprès du personnel de l’hôtel Bristol. Trois jours plus tard, le 9 novembre, elle se rend à Oslo puis à Stavanger où elle reste jusqu’au 18 novembre à l’hôtel St. Svitun sous le nom de Fenella Lorch.
Le 18 novembre, la femme brune prend le bateau Vingtor pour rejoindre Bergen et prendre ses quartiers à l’hôtel Rosenkrantz sous le nom d’Elisabeth Leenhower. Elle n’y reste qu’une nuit puisque dès le 19 novembre, elle s’inscrit sur le registre de l’hôtel Hordabeimen, toujours sous le nom d’Elisabeth Leenhower.
Enfin, le 23 novembre 1970, elle rend sa clé et quitte l’hôtel Hordabeimen pour la gare de Bergen où elle dépose ses valises à la consigne.
On ignore ce qu’elle a fait les jours suivants, mais le 29 novembre, on la retrouve morte dans la vallée d’Isdalen.
Le 5 février 1971, l’inconnue d’Isdalen est portée en terre au cimetière de Mollendal à Bergen. Guidés par le prêtre catholique Frartz Josef Fischedieck, six policiers portent son cercueil blanc orné de tulipes et d’œillets, suivis par une procession de dix-huit officiers et quelques curieux. Deux chanteuses apportent un cachet solennel à la cérémonie que la police prend en photo, pour rassembler ensuite les clichés dans un dossier laissé à la disposition de la famille. Personne ne s’est jamais présenté…
La tombe de l’inconnue a été laissée volontairement anonyme, parce qu’on ne connaît pas son nom, mais aussi pour ne pas attirer les curieux avides de sensationnel. Des décennies plus tard, le souvenir de la femme assassinée continue de hanter les habitants de Bergen qui, comme tous les amateurs d’affaires irrésolues, en sont réduits à n’émettre que des conjectures.

SUICIDE, TRAFIC OU ESPIONNAGE ?

Au terme d’une enquête de trois semaines durant laquelle elle s’est entretenue avec plus de cent personnes, la police de Bergen rédige finalement un rapport officiel dans lequel elle conclut au suicide par ingestion de somnifères. Ainsi le chef de la police, Oskar Hordnes, nie l’existence de tout acte criminel. Lui et son équipe sont allés à l’encontre des spéculations de la presse et achèvent leurs investigations en affirmant que la femme a pris des somnifères et, titubant sous les effets des narcotiques, est tombée dans le feu de camp pour y mourir.
Autant dire que la presse se fait un malin plaisir d’alimenter la polémique en questionnant ces conclusions et en faisant part de ses doutes. Certains journalistes vont jusqu’à suggérer que la police locale pourrait être impliquée d’une manière ou d’une autre dans cette histoire, et que le rapport officiel ne vise rien d’autre que d’étouffer l’affaire. D’autant que ce document laisse de nombreuses questions en suspens, notamment les motifs d’un parcours aussi aventureux sous autant d’identités différentes…Au milieu des années 1970, un policier norvégien à la retraite du nom de Hans Thue contacte la presse locale pour formuler une nouvelle explication. Selon lui, l’inconnue d’Isdalen a pu être mêlée à un trafic de chèques falsifiés. À l’appui de ses dires, il rappelle qu’en 1972, deux Sud-Américains ont été arrêtés à Bergen pour ce motif et tous deux, comme la victime, avaient fait usage de plusieurs fausses identités. Cette théorie est très vite battue en brèche, pour ne pas dire ridiculisée, au point que la presse comme une partie de l’opinion publique se demandent si cette explication venue de nulle part n’a pas été diffusée délibérément par les services secrets norvégiens pour détourner l’attention du public d’une autre explication.
Aujourd’hui, la théorie qui rassemble le plus de suffrages, sans pour autant être prouvée, serait liée à l’espionnage, dans le cadre de la guerre froide qui sévissait dans les années 70. Plusieurs éléments viendraient étayer cette piste. En premier lieu, le fait que l’inconnue ait été en possession de neuf faux passeports laisse penser qu’elle était liée à un réseau professionnel particulièrement organisé.
Par ailleurs, ce n’est sans doute pas un hasard si à 15 kilomètres à peine de Bergen, vers Mathopen, se trouve Hâkonsvern, la principale base de la Marine royale norvégienne et, accessoirement, la plus grande base navale des pays nordiques. On peut imaginer qu’un tel endroit devait fourmiller d’espions avides d’en savoir plus sur les activités maritimes dans la région.
Enfin, les autorités de police de Bergen ont eu la confirmation que dix minutes après l’arrivée de l’inconnue d’Isdalen sur le sol norvégien, à l’aéroport Vaernes de Trondheim, un grand ponte du KGB s’était aussi présenté à l’aéroport… et en était reparti mystérieusement le jour même, destination Moscou.
Cette femme était-elle une espionne venue en Norvège pour acquérir une information ou effectuer une transaction quelconque au profit des Russes ? Mais dans ce cas, qui l’aurait tuée ? Les services secrets norvégiens l’auraient emprisonnée et se seraient servies d’elle comme monnaie d’échange. Quant au KGB, on peine à croire qu’il aurait envoyé en territoire ennemi deux hommes habillés en noir et repérables à des kilomètres… Existe-t-il dans une archive oubliée moscovite un dossier révélant l’identité et la nature de la mission de cette inconnue ?
Reste une dernière hypothèse qui, à notre sens, n’a pas été assez exploitée : la fuite pure et simple, pour un motif soit criminel, soit passionnel. L’inconnue aurait commis un délit ou un crime dans un autre pays puis serait venue en Norvège pour se faire oublier avec son butin. C’est vrai qu’elle avait déclaré à une ou deux reprises être antiquaire. En juin 1970, deux tableaux de Gauguin ont été volés à Londres et placés dans un train. On les a retrouvés en Italie en 1975. Notre inconnue était-elle impliquée dans un trafic d’œuvres d’art ? Dans ce cas, où seraient l’objet ou les valeurs qu’elle aurait dérobés ?
À moins que cette femme devait de l’argent à quelqu’un et, dans l’impossibilité de rembourser dans le temps imparti, aurait pris la poudre d’escampette pour la Scandinavie ? Ou bien cherchait-elle à fuir un mari, un amant, une famille menaçante qui aurait décidé de se débarrasser d’elle avant d’être finalement rattrapée par deux hommes de main ?

TÉMOIGNAGE TARDIF

La thèse de la fuite est renforcée par un témoignage intervenu très tardivement… en 2002, soit trente-deux ans après les faits ! Un homme, alors âgé de 26 ans, mais qui a choisi de demeurer anonyme, raconte avoir effectué une randonnée avec quelques amis dans la vallée d’Isdalen le 24 novembre 1970, soit cinq jours avant la découverte du corps à moitié carbonisé. Il dit avoir croisé le chemin d’une jeune femme d’apparence étrangère, qui paraissait terrifiée. Tout juste a-t-il eu le temps de s’apercevoir que cette femme n’était pas vraiment équipée pour faire une randonnée en montagne puisqu’elle portait un manteau de ville. Il lui a semblé qu’elle allait lui dire quelque chose, mais elle a pressé le pas, apparemment rendue anxieuse par deux hommes vêtus de noir et d’allure étrangère qui la suivaient à courte distance. Le témoin dira plus tard : « J’ai tout de suite senti qu’il se passait quelque chose d’anormal. »
Le jeune homme, qui s’est rendu à la police après la découverte du corps, relate son histoire. On lui montre le portrait-robot de l’inconnue, et il acquiesce immédiatement en confirmant qu’il s’agit bien de la femme qu’il a rencontrée. Mais le policier qui mène l’interrogatoire lui aurait alors déclaré : « Oubliez cette femme, elle a été tuée. L’histoire ne sera jamais résolue. » Quoi qu’il en soit, le témoin en question a gardé l’histoire pour lui durant plus de trois décennies…

LA SIMILITUDE AVEC LE DOSSIER AUSTRALIEN DE SOMERTON

À ce point du récit, peut-être avez-vous ressenti une sensation déconcertante de déjà-vu… et ce trouble est justifié ! En effet, l’affaire d’Isdalen présente d’étonnantes ressemblances avec un autre dossier, celui de l’inconnu de Somerton dont nous avions fait le premier chapitre du tome 1 des Dossiers Inexpliqués (3).
Revenons en arrière à la fin des années 40, le 1er décembre 1948 précisément : vers 6 heures 30 du matin, sur la plage de Somerton, près d’Adelaïde, dans le sud de l’Australie, on retrouve le cadavre d’un homme. Non seulement celui-ci ne porte aucun papier d’identité, mais toutes les étiquettes de ses vêtements ont été arrachées et malgré la diffusion en masse de sa photo, personne n’est capable de l’identifier. L’autopsie révèle un probable empoisonnement. De plus, dans l’une de ses poches, on met la main sur un message codé que personne n’a jamais su déchiffrer. L’un des tickets de bus qui l’accompagnent permet à la police de remonter jusqu’à une consigne de gare où l’on trouve une valise ayant appartenu au défunt et dont le contenu ne fait qu’obscurcir l’enquête…
Un mort sans identité, sans passé connu, un tueur non identifié, des vêtements sans étiquette, une valise laissée dans une consigne de gare, des messages codés, des funérailles dans un cimetière anonyme et, dans les deux cas, l’hypothèse d’un suicide ou d’une sombre affaire d’espionnage, sans oublier l’absence totale d’explications des décennies plus tard… le cumul d’autant de coïncidences est-il vraisemblable ?
Rien ne permet pourtant de relier entre elles ces deux histoires éloignées de vingt-deux ans, la plus grande énigme australienne et le mystère intégral norvégien, mais il y a là une sorte de mode opératoire commun, qui pourrait laisser supposer que chaque meurtre résulterait d’une origine similaire.
Malgré le passage des années, le meurtre de l’inconnue d’Isdalen demeure une affaire très populaire en Norvège. On a même fait appel à des médiums pour tenter de relancer le dossier, mais en vain. Même si aucun élément probant n’est venu faire avancer le dossier depuis belle lurette, l’identité de la victime et les causes de sa mort continuent de faire l’objet d’une intense spéculation.
Sans doute subsiste-t-il des voies qui mériteraient d’être explorées, comme l’a souligné l’ancien chef de la police interrogé par la télévision norvégienne en 1991, puis en 2002. Manifestement, l’ampleur de ses recherches a été freinée sur ordre du procureur du comté de Hordaland où se trouve la ville de Bergen. Selon certains enquêteurs privés, toujours sollicités par la télévision norvégienne, le rôle de la police de surveillance dans cette histoire ne serait pas celui que l’on pense. Elle aurait, sinon couvert des actes, du moins négligé des pistes intéressantes et certains témoins se sont même étonnés de ne pas être questionnés davantage par les forces de police.
Quoi qu’il en soit, à ce jour, comme pour confirmer la prédiction du policier au témoin de 2002, la victime n’a toujours pas été identifiée. Le sera-t-elle un jour ? De leur côté, son ou ses meurtriers peuvent dormir sur leurs deux oreilles : depuis 1995, le crime est prescrit par la justice norvégienne.

SOURCES
• « L’inconnue d’Isdal », sur Wikipedia.org
• « Spotlight : the Isdal Woman , » Thefatalfemme.wordpress.com
• « Cold dues from the Isdalen Valley », A-magasinet, 19. November 2010.
• Monica Yndestad, « Hær bæres Isdalskvinnen til sitt anonyme gravsted », Bergens tidende.
• The Dœ Network : www.dœnetwork.org/cases-int/503ufnor.html

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