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 Carol, un monastère détruit sur ordre du Vatican

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ElricWarrior
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MessageSujet: Carol, un monastère détruit sur ordre du Vatican   Jeu 22 Fév - 13:35

Carol, un monastère détruit sur ordre du Vatican



« Là où Dieu a son église, le diable a sa chapelle. »
Proverbe anglais
Janvier 1957. En plein cœur de la campagne ariégeoise, près de la ville de Foix, quelques personnes s’affairent à poser des pains de dynamite dans les bâtiments qui composent un vaste monastère. En début d’après-midi, les multiples charges explosives vont littéralement faire trembler cette petite vallée habituellement paisible. En quelques minutes, le monastère du Carol ne sera plus que ruines.
Attentat ? vengeance ? acte anticlérical ? Pas du tout. En fait, c’est le Vatican qui a ordonné cette destruction, un cas quasiment unique dans l’Histoire. Mais pour quelles raisons ? C’est là toute l’énigme du monastère du Carol.




Une ambition débordante

En 1855, la famille de Coma hérita d’un terrain de plusieurs hectares situé sur la commune du Baulou. Parmi les neuf enfants qui composaient la famille, l’un d’eux, Louis de Coma, alors âgé de 33 ans et prêtre de son état, se mit à rêver. Pour lui, cet héritage était une véritable aubaine : le terrain se prêtait parfaitement aux projets architecturaux du jésuite. Son idée ? Créer un vaste monastère avec l’aide de son frère, Ferdinand de Coma, qui exerçait à l’époque la fonction d’architecte diocésain.
Pour financer ce projet, le père Louis de Coma avait déjà constitué une association « La Bonne Mort » dont le but était d’accompagner les croyants, souvent malades, vers les portes du Paradis. Pour accéder au bonheur éternel, il suffisait d’assister à des retraites mais surtout d’envoyer des dons. L’abbé, jamais en manque d’imagination, créa également une fondation « L’œuvre de Gethsémani ». Cette fois, le but était on ne peut plus clair : récolter le plus de dons possibles en personnalisant les messes au profit des mourants.
L’association et la fondation n’alimentant pas suffisamment les caisses, l’abbé Louis de Coma se mit à parcourir toute la France dans l’espoir de trouver des communautés religieuses, de généreux donateurs capables de participer au financement du monastère ou aux différentes œuvres qu’il gérait sur place.

D’étranges miracles

Il tenta aussi de faire croire à certains miracles. Il faut dire que non loin de là, à Lourdes, une certaine Bernadette Soubirous avait vu, en 1858, la Vierge dans une grotte, dont l’eau fut reconnue comme possédant des pouvoirs de guérison miraculeuse.
L’abbé perçut bien vite qu’il y avait là un moyen extraordinaire de faire venir des milliers de pèlerins au monastère du Carol et avec eux, des dons importants. Il commença donc à colporter des histoires laissant croire que des miracles se seraient produits dans l’enceinte du monastère. L’eau qui coulait de la fontaine de la Madeleine aurait eu le pouvoir de soigner certains maux incurables. L’abbé organisa discrètement un simulacre de miracle. Il réussit à convaincre un homme très dévot de se faire passer pour un bossu. L’idée étant de faire voir à de nombreux témoins que l’eau de la fontaine avait le pouvoir de faire disparaître sa bosse... Malheureusement, ce stratagème échoua lamentablement, comme le rapportent Monique Dumas et Jacques-Francois Réglat22 : « […] En fait, sa bosse était faite d’un pain de sucre. Il suffisait au bonhomme de se tremper un moment dans la fontaine, le temps que le sucre fonde, puis de crier “ô miracle”… Mais tout a loupé car notre bonhomme tomba malade la veille du “miracle” et crut voir là le signe d’une punition du ciel. Notre faux bossu fit une confession publique mettant dans l’embarras le prodigieux curé. »
La récolte des fonds et les méthodes pour y parvenir n’avaient donc aucune limite pour l’abbé de Coma.
Des travaux pharaoniques
Au bout de cinq années, en 1860, les travaux furent lancés. Peu à peu, s’élevèrent en pleine campagne : une basilique dédiée à Marie Madeleine, un couvent, un cloître, des bâtiments agricoles, un chemin de croix et une chapelle. Mais on put aussi y voir des grottes et des cryptes étrangement aménagées. Les jardins et les allées furent ornés de grands palmiers et d’oliviers rappelant les paysages de Palestine.
Les travaux, se terminèrent au début de l’année 1900. Quarante années de travaux qui auront nécessité un financement colossal. Et tout cela pour qui ou pour quoi ? A priori pas pour y loger une congrégation. Les bâtiments resteront totalement inoccupés ou presque.

La fuite des locataires

En 1885, Louis de Coma réussit tant bien que mal à convaincre une congrégation (la congrégation du Saint-Esprit) à venir s’installer dans le couvent du monastère. Sept frères vinrent donc s’établir sur place durant quelques mois. Mais en novembre 1886, ces derniers quittèrent les lieux, à la suite de très nombreux désaccords avec l’abbé Louis de Coma. Ce dernier ne supportait pas notamment qu’on veuille intervenir sur les bâtiments, sur l’architecture même du lieu.
Une mauvaise mort
Louis de Coma vécut donc quasiment seul dans ce vaste domaine durant des années. Isolé, il devint peu à peu sénile. Les habitants du village confièrent l’avoir vu souvent déambuler entre les impressionnants bâtiments du Carol, habillé avec les vêtements de sa propre mère. Il mourut durant l’automne 1911, laissant l’évêché de Pamiers comme seul héritier de cet incroyable domaine.
Dans leur ouvrage Le Monastère dynamité23, Monique Dumas et Jacques-François Réglat relatent la triste fin du père Coma en ces termes : « La Paix, il l’attendait sous la pierre froide de son tombeau à la crypte du Carol. Il avait préparé son tombeau comme on fait son lit. Il pensait y dormir l’éternité entière parmi les siens. La crypte construite, il avait posé dessus sa basilique et attendait la mort dans la sérénité. Hélas, le destin en a décidé autrement. La mort n’a apporté à Louis de Coma ni la paix, ni le repos. Sa sépulture a été violée, profanée, la nécropole saccagée, les dépouilles malmenées, les os dispersés. On dut procéder à une seconde inhumation des misérables restes mêlés de la famille de Coma. Faut-il y voir là un signe ? »

Une fin inexplicable



Les splendides constructions du monastère furent laissées à l’abandon par l’évêché pendant près de 50 ans. En 1956, un agriculteur se manifestera auprès de l’évêché de Pamiers pour racheter le terrain. Or, ce qui peut surprendre, c’est que l’évêque de l’époque ne permit la vente qu’à une seule condition : que toutes les constructions à caractère religieux soient détruites. C’est ainsi que le monastère fut ébranlé par des charges explosives placées sous ses murs en novembre 1956. Même si les explosions furent terribles, seules les statues de l’abbaye finirent à terre. Deux mois plus tard, l’opération fut renouvelée et eut enfin raison du monastère du Carol.

Des mystères toujours présents

Quand on pose la question à l’actuel propriétaire des lieux sur les raisons qui ont poussé l’Église de Rome à faire détruire le monastère, la réponse est énigmatique : « Honnêtement, la réponse à la question “Pourquoi a-t-on détruit ce monastère ?” ça vous l’avez dans les archives à Rome, et si vous réussissez à les percer les archives, je vous paie un repas ! »
Même s’il paraît évident que les moyens utilisés par l’abbé de Coma pour financer son domaine avaient dû irriter, pour ne pas dire plus, les plus hautes instances religieuses, il n’en reste pas moins que tous les bâtiments, estimés à des centaines de millions de francs de l’époque, auraient pu être revendus afin de nourrir les caisses de l’Église, ce qui, pour certains, aurait été un juste retour des choses. Mais ce ne fut étrangement pas le cas. Les raisons de cette destruction se trouveraient donc ailleurs.
On peut relever quelques mystères dans l’histoire du monastère. Par exemple, comment expliquer qu’en 1880, le frère de Louis de Coma, Ferdinand, fut relevé de ses fonctions d’architecte des édifices diocésains ? Quand on sait que c’est ce même Ferdinand qui dressa les plans du monastère du Carol, on peut se demander si ces constructions n’avaient pas un caractère « embarrassant » pour l’Église de Rome. Sur les photos de l’époque, on remarque d’ailleurs que le monastère était géographiquement mal orienté par rapport au dogme de l’Église.
Autre fait remarquable : le père de Coma ne cessa d’apporter des modifications aux plans imposés par le diocèse. Il fit, entre autres, édifier un cercle de pierres levées, ainsi qu’un cromlech représentant la couronne d’épines que portait le Christ le jour de la crucifixion.

Parmi les indices toujours visibles aujourd’hui, on peut encore voir, dans le caveau où reposait le père de Coma, une croix de Malte qui reprend les armoiries de la famille de Coma. L’un de ses ancêtres était probablement un chevalier de l’ordre de Malte, ordre qui a récupéré une partie des biens des templiers.
Enfin on notera les propos particulièrement violents relevés dans une des correspondances de l’abbé Decressol au sujet du monastère et de l’abbé de Coma :
« Périsse tout ce qui est maudit ! C’est l’opinion du doyen de Foix dont la parole m’a servi d’épigraphe. C’est aussi celle de notre meilleur ami de l’Ariège, M. l’abbé Estrade, curé de Vic dont voici les paroles : […] Le passage du Saint Esprit dans mon diocèse aura au moins servi à savoir au juste ce qu’il faut penser de cette pauvre tête de l’abbé de Coma et de son œuvre qui avait toujours été pour nous un mystère24. »
Dans les années qui précédèrent la destruction, des rumeurs persistantes faisaient état de messes noires données du temps de l’abbé dans la crypte de la basilique. On disait aussi que durant les années d’occupation allemande, les nazis étaient venus pour fouiller le monastère. Cette dernière rumeur fut d’ailleurs démentie par le propriétaire actuel, qui précisa que durant cette période le monastère est resté totalement inhabité.
Aujourd’hui, il ne subsiste du splendide monastère du Carol qu’une partie des bâtiments agricoles, une chapelle tombant en ruine et deux grottes artificielles à l’atmosphère particulièrement glauque. Dans la première de ces grottes, la plus difficile d’accès et la plus dangereuse aussi (le plafond s’écroule), on peut y voir des tombes éventrées et un Christ agonisant. En face, dans une autre grotte artificielle située en surface, une statue intacte de Marie Madeleine, au bord d’un bassin, qui semble méditer sur ses attributs : le livre, le crâne, la croix…
Le Carol est désormais un lieu privé interdit au public. Mais il est tout de même possible de passer une ou plusieurs nuits au monastère du Carol. En effet, les anciennes écuries et un bâtiment attenant ont été transformés récemment en gîte de charme. La propriétaire Valérie Joly vous accueillera chaleureusement sur place. Mais inutile de lui demander pourquoi le monastère a disparu… Pour elle aussi, c’est un mystère.

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et une ancienne discussion sur le sujet :

http://heresie.forumactif.com/t93-statuaire-marie-madeleine?highlight=statuaire

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