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 L'intolérable abandon des mutilés de la face (1921)

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ElricWarrior
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Feuille de Sadique
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MessageSujet: L'intolérable abandon des mutilés de la face (1921)   Mer 30 Aoû - 20:38



MUTILÉS DE GUERRE (1/3) - Au lendemain des célébrations de la signature du Traité de Versailles en 1919, où sont présentes cinq «gueules cassées», ces hommes à jamais défigurés semblent confrontés à un quasi-isolement.
La loi du 31 mars 1919 détermine le droit de réparation des victimes de guerre en ignorant le préjudice causé par la défiguration. Une modeste somme leur est accordée. La réinsertion des hommes traumatisés, tant du point de vue social que du point de vue professionnel est infiniment difficile. Même si des emplois dits «réservés» sont mis en place, cela est vécu comme une humiliation. Les sentiments de crainte et de pitié qu'ils inspirent, renforcent leur détresse morale. Au vue de leur disgrâce, les mutilés de la face cherchent à s'entraider. Dès 1919, Bienaimé Jourdain et Albert Jugon fondent une amicale qui se réunit au Petit Journal; elle devient, en 1921, une association pour venir en aide à tous les soldats défigurés de la Première Guerre mondiale.
L'association «l'Union des blessés de la Face et de la Tête» est créée. Le colonel Picot, lui-même gueule cassée, accepte d'en devenir le président. C'est à lui que l'on doit l'expression «gueule cassée». Leur devise: «Sourire quand même». L'association apporte une aide morale et matérielle aux mutilés.
Mais les dons, les galas de charité, très vite ne suffisent plus. En 1927, une souscription nationale- La Dette- est organisée assortie d'une tombola gratuite. Devant le succès, l'État crée La Loterie Nationale et les «gueules cassées» sont associés pour un dixième. Le dixième des bénéfices est alloué à leur association.
Aujourd'hui l'association est toujours propriétaire de 9% des actions de la Française des Jeux.

Article paru dans Le Figaro du 30 octobre 1921.

Nous étions, la comtesse de Bonvouloir et moi, confortablement assis dans un salon, où tout est réuni pour le bien-être et pour la joie des yeux, où tout respire une élégante quiétude et le plaisir de vivre intelligemment.
Une femme de chambre entra portant dans ses mains un grand album recouvert de velours noir, qui pouvait être un de ces futiles passe-temps de grande dame collectionneuse de dessins, -d'autographes ou de souvenirs de voyages, - «Vous allez voir» me dit madame de Bonvouloir. C'était un album de photographies.
Mais quelles photographies! Des faces de soldats de la grande guerre, défigurées, déchiquetées, broyées par les éclats d'obus, des faces informes qui n'ont plus rien d'humain, lambeaux sanguinolents, des trous béants au fond desquels ne subsiste plus, à la place des maxillaires, du menton, du nez, des joues, qu'une bouillie de chairs tuméfiées et déchirées.
L'admirable méthode du Docteur Morestin

Et, à côté les mêmes faces de cauchemar miraculeusement reconstituées, ressoudées littéralement recréées par l'admirable méthode appliquée par le regretté docteur Morestin au traitement des blessures de la face.
Effrayant et admirable album, à la fois témoignage étonnamment suggestif de ce que peuvent la science et la bonté humaines!
Mais combien petit cet album! Il n'y a là qu'une quinzaine de visages et, bien qu'on en ait soigné davantage dans les centres maxillo-faciaux de l'arrière, pendant la guerre, et ensuite à l'hôpital spécial de la rue Edmond-Valentin, on aura une idée de l'œuvre qu'il reste à accomplir en songeant qu'il y a en France de 8 à 10.000 blessés de la face.
Qu'a-t-on fait? que fait-on pour eux? N'est-ce pas une inexplicable anomalie que, contrairement à ce qui se passe en Angleterre, en Italie, en Belgique, l'Etat, n'ait pas pris à cœur de secourir les plus infortunés, les plus pitoyables peut-être de ceux de ses enfants qui ont si longtemps combattu et souffert pour lui? Quels blessés pourraient cependant, davantage que ceux-là, exciter sa pitié et retenir son attention?
Pendant la guerre on les admirait, on les plaignait, on les honorait à la mesure de leur héroïsme et de leurs sacrifices. […] aujourd'hui ils sont presque abandonnés.
Pendant la guerre on les admirait, on les plaignait, on les honorait à la mesure de leur héroïsme et de leurs sacrifices. Aujourd'hui, ils sont tous dispersés, isolés, presque abandonnés.
Par une cruelle ironie, leurs blessures même deviennent pour eux un obstacle à toute activité sociale, ils ont peine à trouver du travail, à fonder un foyer ils peuvent à peine s'exprimer et s'alimenter. Ces héros sont, vivants, séparés du reste du monde.
Il fallait donc bien que l'initiative privée suppléât l'Etat défaillant.
II y a un an était fondée l'œuvre de l'Assistance médicale aux mutilés de la face; sous le haut patronage de M. Millerrand, Président de la République, de M. Maginot, du général Pau et de la maréchale Foch, et sous la présidence d'honneur des maréchaux Foch et Pétain.
Cette œuvre, dont la comtesse de Bonvouloir est la vice-présidente, avait pour but de continuer le traitement à tous les mutilés de la face.
Un hôpital fut créé, 3, rue Edmond Valentin, où de véritables miracles furent accomplis par un chirurgien, ancien chef d'une équipe maxillo-faciale de la 1ère armée, au moyen d'appareils fort ingénieux et de greffes ostéo-périostiques et cartilagineuses.
Malheureusement, ces appareils sont fort coûteux, les frais d'entretien et de nourriture et tous ceux que comporte la gestion d'un hôpital ont absorbé depuis longtemps les ressources que l'on devait à la générosité de quelques personnes de grand cœur. C'est pourquoi le Comité se propose de donner cet hiver, la première aura lieu le 18 octobre 1921, des fêtes de bienfaisance auxquelles tout le monde voudra apporter sa contribution et son obole.
L'effroyable isolement où sont laissés tant de héros à jamais frappés.
C'est pourquoi le même Comité adresse un pressant appel à toutes les âmes charitables qu'émeut l'horrible abandon, l'effroyable isolement où sont laissés tant de héros à jamais frappés. Il suffit de signaler cette infortune et telle injustice pour que le cœur charitable de Paris se tourne ardemment vers elles.
On peut adresser tous les dons et les moindres offrandes au trésorier de l'œuvre, M. Caudrilier, à la Banque de Paris et des Pays-Bas, 3, rue d'Antin.
Par Charles Tardieu

Source : http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/30/26002-20141030ARTFIG00083-l-intolerable-abandon-des-mutiles-de-la-face-1921.php

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