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 Un sanctuaire voué à Mithra mis au jour en Corse

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ElricWarrior
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MessageSujet: Un sanctuaire voué à Mithra mis au jour en Corse   Lun 27 Fév - 10:39

Une équipe d’archéologues de l’Inrap vient d’exhumer, dans la ville romaine de Mariana, au sud de Bastia, les vestiges d’un sanctuaire dédié à Mithra, un dieu d’origine indo-iranienne, datant du Ier siècle.



Vue aérienne du site de Mariana. Au premier plan, le chantier de fouille où a été mis au jour le sanctuaire de Mithra (Ier siècle). Au second plan, la cathédrale Sainte-Marie-de-l’Assomption dite la Canonica, construite au XIe -XIIe à l’emplacement d’un complexe paléochrétien. A droite, près du toit de tôle, le baptistère. / Denis Gliksman/© Denis Gliksman, Inrap.

« C’est une très belle découverte pour la Corse », s’enthousiasme Franck Léandri, conservateur en chef du patrimoine sur l’île de Beauté. « Une découverte exceptionnelle », renchérit Daniel Istria, archéologue au CNRS et co-responsable scientifique du site de fouilles de Mariana. Situé sur la commune de Lucciana, à une dizaine de kilomètres au sud de Bastia, le sanctuaire fait partie d’un quartier périphérique de la ville qui était habité par des artisans travaillant le verre et des vignerons ou des oléiculteurs.

Un sanctuaire mithraéen rare en Méditerranée

« C’est la première fois qu’un sanctuaire dédié à Mithra est identifiéen Corse », insiste Philippe Chapon, de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), également responsable scientifique. Ce sanctuaire se compose de plusieurs espaces caractéristiques, dont une salle de culte et son antichambre.

La salle d’assemblée, rectangulaire (11 mètres sur 5), est constituée d’un couloir central bordé de deux longues banquettes de 1,80 m de largeur, dans lesquelles deux niches voûtées abritaient trois lampes à huile en terre cuite ocre. C’est sur ces banquettes que les adeptes s’allongeaient pour manger lors de banquets.

Un bas-relief riche de sens

Au bout du couloir, sur un soubassement maçonné, s’élevait un bas-relief de marbre, d’environ 50 sur 50 cm, représentant le sacrifice d’un taureau par le dieu Mithra, coiffé d’un bonnet phrygien. Une sculpture connue par ailleurs et dont un grand et bel exemplaire est exposé au musée du Louvre. Trois fragments ont été exhumés. « Y figurent plusieurs éléments du mythe de Mithra, lié à l’invention de l’agriculture et de l’élevage », explique Daniel Istria.

On y voit Mithra sacrifier un taureau dont la colonne vertébrale sert de terreau à des brins de blé. Le sang s’écoulant de la jugulaire, symbole de fertilisation, est lappé par un chien, premier animal domestiqué par l’homme. Un serpent, symbole de la terre ou de la mort, rampe aux pieds du bovidé, tandis qu’un scorpion lui pince les testicules. « Sur la droite, un personnage, qu’on appelle le dadophore, tient une torche à l’envers, symbolisant le soleil couchant ou la mort », poursuit Philippe Chapon.

Sculptures, céramiques, clochettes, glaive et pièces de monnaie

De la fouille ont également surgi une tête de femme en marbre, très simple, d’environ 20 cm de diamètre, ainsi qu’un pied, deux clochettes en bronze, de nombreuses lampes brisées qui s’expliquent par l’obscurité du sanctuaire, des pots à pâte fine, des plaques en bronze et en plomb portant des inscriptions non encore déchiffrées. Tout ceci pourrait faire partie d’un mobilier liturgique. Enfin, « à l’extérieur du sanctuaire, nous avons mis au jour un glaive, manifestement tordu volontairement », indique Philippe Chapon. Une particularité qui pourrait signifier la mise au rebut d’un objet important lors des cérémonies dédiées à Mithra. Et peut-être la fin de cette pratique religieuse…

Dans les bâtiments adjacents au sanctuaire, de nombreuses pièces de monnaie, allant du IIe av. au Ve apr. J.-C., ont été exhumées. « Parmi elles, une monnaie de 57 apr. J.-C. portant l’effigie d’Antonia, fille de Marc Antoine, et un poinçon particulier certifiant qu’elle avait été approuvée par Néron, une marque que l’on faisait sur de vieilles pièces en attente d’être remplacées par de nouvelles », explique Philippe Ecard, archéologue et numismate à l’Inrap.

Le mithraïsme, un culte proche ou concurrent du christianisme ?

En l’absence de documentation écrite explicite, la connaissance de ce culte repose principalement sur l’étude des sanctuaires. « D’origine indo-iranienne, ce culte a probablement été introduit dans l’empire par les militaires romains et les marchands orientaux, explique Daniel Istria. Ce culte initiatique, réservé aux hommes, qui s’est diffusé au Ier siècle, a d’abord concerné des élites, puis toutes les couches de la société », poursuit-il. On connaît une centaine de sanctuaires à Mithra dans l’ensemble de l’empire, à Rome, Ostie, Bordeaux, Strasbourg, Angers, Biesheim (Haut-Rhin), Septeuil (Yvelines), Capoue (Italie) et Martigny (Suisse).

« Christianisme et mithraïsme sont deux religions présentant un certain nombre de points communs, explique Daniel Istria. Ce sont tous deux des monothéismes, des cultes à mystère, initiatiques, promettant un espoir de vie meilleure dans l’au-delà, caractérisés par un baptême et une eucharistie, où le sang est un symbole fort et disposant d’un clergé », poursuit le chercheur.

Considéré comme concurrent du christianisme, l’empereur Théodose interdit le mithraïsme en 392. « Une décision officielle qui ne signifie pas forcément que, sur le terrain, cette pratique religieuse s’arrête aussitôt », observe Daniel Istria. Le sanctuaire de Mariana est détruit au IVe-Ve siècle. Et dès cette époque, juste à côté, est édifié vers 400 un vaste complexe paléochrétien avec basilique et baptistère. « Basilique puis cathédrale de style pisan, c’est la première construite en pierre de taille : tête de pont entre la Corse et Pise, elle jouera un rôle politique important dans l’histoire du christianisme en Corse ».

Déjà riche d’objets archéologiques mis au jour lors de fouilles antérieures à Mariana, la commune de Lucciana, en partenariat avec l’État et la Collectivité territoriale de Corse, a décidé de créer un musée de site qui devrait ouvrir fin 2018.

Source : La croix

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