Heresie

Dark Culture
 
AccueilAccueil  PortailPortail  PublicationsPublications  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  Heresie.com  Dictionnaire Infernal  Crâne humain  Francis Thievicz  Elisandre  

Partagez | 
 

 Lynchage de Jesse Washington

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
ElricWarrior
Hérésiarque - Administrateur
avatar

Nombre de messages : 2034
Age : 77
Localisation : Terre d'Hérésie
Actes nécrophiles : 9
Hommes torturés : 2983
Date d'inscription : 14/08/2004

Feuille de Sadique
Aime mutiler:
35/150  (35/150)
Possede des Crânes humains:
10/150  (10/150)
Misanthrope :
15/150  (15/150)

MessageSujet: Lynchage de Jesse Washington   Ven 25 Juil - 20:27

Jesse Washington allait avoir dix-sept ans. Peut-être était-il un peu retardé mental. Il travaillait comme le reste de sa famille dans les champs de coton des Fryer, près de Waco, au Texas. Le 8 mai 1916, la fermière est assassinée chez elle, sans doute violée. Jesse Washington, arrêté, avoue le crime. Son procès est prévu pour le lundi 15 mai. Pendant le week-end, des milliers de personnes affluent à Waco : un lynchage s’organise. Dans une salle où s’entassent des centaines d’hommes en armes, le jury a à peine le temps de le déclarer coupable que, aux cris de « Get the nigger ! », un groupe s’empare de lui. Le Waco Times Herald décrit la suite[1] : ils le traînent en bas des escaliers, lui passent une chaîne autour du corps et l’attachent derrière une auto. La chaîne casse. Un grand gaillard la fixe à son poignet et tire Jesse Washington derrière lui. Sur le chemin, la foule arrache les vêtements du garçon, le frappe avec tout ce qui lui tombe sous la main, des briques, des pelles, des bâtons. On lui coupe les oreilles et on lui coupe le sexe. « Il reçut tellement de coups et de blessures qu’il n’était plus noir, mais rouge de sang des pieds à la tête quand on arriva au lieu du supplice. » Toutes sortes de matériaux inflammables ont été empilés au pied d’un arbre. On y met le feu, et on jette la chaîne passée autour de son cou au-dessus d’une branche pour le suspendre dans les flammes. L’adolescent s’accroche à la chaîne, on lui coupe les doigts. On le plonge à plusieurs reprises dans le feu, où il se tord, langue pendante. « Les spectateurs étaient accrochés aux fenêtres de l’hôtel de ville et des autres bâtiments d’où on avait une bonne vue et, quand le corps du Noir commença à brûler, des cris de joie s’élevèrent des milliers de poitrines. » On estime la foule entre dix mille et quinze mille personnes. Jesse Washington met longtemps à mourir, car aucun des vingt-cinq coups de couteau qu’il a reçus n’est mortel et on prend soin qu’il ne s’étrangle pas. Pendant que son corps se carbonise dans les cendres fumantes, la foule s’écarte pour permettre aux femmes et aux enfants de venir regarder. Au bout d’un moment, on le pend de nouveau puis quelqu’un attrape son torse au lasso et le traîne derrière son cheval dans les rues de Waco. Les membres se détachent, ainsi que la tête, que l’on place sur le seuil d’une femme de mauvaise vie. Des petits garçons s’en emparent pour extraire les dents, qu’ils vendent 5 dollars pièce. Chaque maillon de la chaîne est vendu 25 cents. Les restes sont ensuite emmenés à Robinson, le village noir dont Jesse Washington est originaire, et exhibés pendant quelques heures sur un poteau téléphonique. On les récupère pour les jeter de nouveau dans le feu à la fin de l’après-midi, et finalement à la fosse commune.


La foule se prépare à lyncher Jesse Washington







Waco n’est pas un village perdu. C’est « l’Athènes du Texas », fière de son université, la ville aux soixante-trois églises ; elle est riche, le coton se vend très bien. Et Jesse Washington n’est qu’un des quatre mille hommes et femmes à être pendus ou brûlés vifs des années 1880 à 1940. En cette année 1916, la même population qui lynche des Noirs participe à des manifestations contre la barbarie allemande en Belgique et s’émeut du sort des Arméniens. La plupart des Américains d’aujourd’hui ne peuvent le comprendre. Après l’exposition itinérante de photos de lynchage Without Sanctuary[2] organisée il y a quelques années dans de petites villes du Sud, la presse locale se faisait l’écho des réactions stupéfaites d’hommes et de femmes qui interrogeaient leurs parents sur ce passé. Ces photos, ces cartes postales – une série complète pour le supplice de Jesse Washington – offrent au public la vue insupportable des corps mutilés dans leur nudité et leur saleté ; plus insupportable encore, sur ces mêmes cartes, figure une foule de témoins, parmi lesquels les bourreaux, qui regardent l’objectif, souriants ou fiers.
La juxtaposition de ces misérables dépouilles et de l’absence de remords, de la bonne foi satisfaite des spectateurs ouvre un abîme. En effet, ce ne sont pas des photos de guerre, prises par des correspondants dans des conditions dangereuses, des photos de l’univers concentrationnaire mises en scène par les libérateurs, des photos faites par des témoins indignés soucieux de témoigner pour les victimes, mais des photos prises par les bourreaux pour les bourreaux, des souvenirs à partager. James Allen, qui a rassemblé cette collection, les a retrouvées chez des membres du Ku Klux Klan, mais aussi dans des albums familiaux, à côté des photos de vacances. Elles ont été pour la plupart prises par le photographe du coin : ainsi Fred Gildersleeve, « Gildy », honorable photographe de la ville de Waco pendant une cinquantaine d’années, était installé dans le bureau du maire, aux premières loges. Mais il est vrai qu’il y avait une telle foule qu’il a eu du mal pour les gros plans. Ces clichés sont expédiés à la famille et aux amis avec le commentaire approprié. Au dos d’une carte représentant le corps calciné de Jesse Washington, on lit ce message : « C’est le barbecue d’hier soir. Je suis à gauche, où j’ai fait une croix. Votre fils, Joe[3]. » Cette barbarie acceptée, revendiquée, dans une société évoluée, est d’une radicale étrangeté. Pourtant, pendant des décennies, jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, elle fait des dizaines de victimes chaque année, jusqu’à deux cents dans les pires moments, dont 80 % de Noirs. « Le lynchage, écrit Dora Apel, est une pratique qui conduit des gens ordinaires à commettre des atrocités extraordinaires au nom du maintien des valeurs de la civilisation[4]. »
Les historiens américains s’y intéressent depuis une dizaine d’années environ. Le souvenir n’en avait pas disparu, mais gardait une coloration très « western » entre voleurs de chevaux et attaques de diligences. Ce folklore masquait la réalité. C’est à la fin du XVIIIe siècle qu’à l’instigation du juge Lynch, les bons citoyens de Virginie se mirent à infliger des châtiments corporels à ceux qui enfreignaient la loi, l’ordre, les bonnes mœurs. Cette sanction extra-légale imposée par la communauté dans des territoires inorganisés, ou dans lesquels il fallait aller chercher l’autorité à plusieurs jours de cheval, cessa bientôt d’être une pratique de la frontière, pour devenir une alternative au système judiciaire. En effet, ce sont souvent des criminels qu’on a déjà arrêtés que la communauté se donne la satisfaction de punir promptement et de façon proportionnée au crime. Le lynchage n’était pas forcément mortel – on garde l’image du goudron et des plumes – mais le devient presque toujours dans les années 1830. Après l’émeute de Vicksburg du 6 juillet 1835, pendant laquelle on pend cinq hommes, la pratique se répand au niveau national[5]. Jusque dans les années 1860, on lynche des Blancs, des Indiens, des Mexicains, des gens de la frontière, des voleurs de bétail, des hommes sans foi ni loi, mais peu de Noirs : c’est à leurs propriétaires de faire justice, et ils hésitent. S’il faut bien se débarrasser de quelques irrécupérables, coupables de meurtre ou de viol, l’esclave est un capital précieux. Quel paysan vicieux irait tuer sa mule, dilapidant son bien[6] ? De toute façon, le lynchage reste encore la marque de l’Ouest, de la Californie en proie à la ruée vers l’or dans les années 1850 notamment, où le crime devient incontrôlable et où s’illustrent les comités de Vigilantes de San Francisco de 1851 et 1856, qui substituent l’arbitraire à l’anarchie en s’en prenant violemment aux immigrants.

Extrait :


_________________
http://www.heresie.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.heresie.com
vesperal
Virus Ebola
avatar

Nombre de messages : 1194
Actes nécrophiles : 0
Hommes torturés : 752
Date d'inscription : 22/09/2005

Feuille de Sadique
Aime mutiler:
1/150  (1/150)
Possede des Crânes humains:
1/150  (1/150)
Misanthrope :
1/150  (1/150)

MessageSujet: Re: Lynchage de Jesse Washington   Sam 26 Juil - 8:49

Waco, une ville qui a l'air sacrément sympa.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
ElricWarrior
Hérésiarque - Administrateur
avatar

Nombre de messages : 2034
Age : 77
Localisation : Terre d'Hérésie
Actes nécrophiles : 9
Hommes torturés : 2983
Date d'inscription : 14/08/2004

Feuille de Sadique
Aime mutiler:
35/150  (35/150)
Possede des Crânes humains:
10/150  (10/150)
Misanthrope :
15/150  (15/150)

MessageSujet: Re: Lynchage de Jesse Washington   Sam 26 Juil - 9:57

Pas loin de :


_________________
http://www.heresie.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.heresie.com
Keridwen
Seigneur du Portail
avatar

Nombre de messages : 2118
Localisation : Au pied de la Porte du Diable
Actes nécrophiles : 6
Hommes torturés : 1841
Date d'inscription : 20/05/2006

Feuille de Sadique
Aime mutiler:
1/150  (1/150)
Possede des Crânes humains:
1/150  (1/150)
Misanthrope :
1/150  (1/150)

MessageSujet: Re: Lynchage de Jesse Washington   Lun 28 Juil - 21:33

Et le massacre de Waco, vous vous souvenez pas ? Y a une ambiance dans cette ville ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Waco
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.heresie.com/thanos
vesperal
Virus Ebola
avatar

Nombre de messages : 1194
Actes nécrophiles : 0
Hommes torturés : 752
Date d'inscription : 22/09/2005

Feuille de Sadique
Aime mutiler:
1/150  (1/150)
Possede des Crânes humains:
1/150  (1/150)
Misanthrope :
1/150  (1/150)

MessageSujet: Re: Lynchage de Jesse Washington   Lun 28 Juil - 22:15

Keridwen a écrit:
Et le massacre de Waco, vous vous souvenez pas ? Y a une ambiance dans cette ville ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Waco

D'où l'image de David Koresh deux post plus haut (certes trafiquée par un internaute, mais on le reconnait bien tout de même, ce "Cyrus moderne" texan à lunettes)  
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Keridwen
Seigneur du Portail
avatar

Nombre de messages : 2118
Localisation : Au pied de la Porte du Diable
Actes nécrophiles : 6
Hommes torturés : 1841
Date d'inscription : 20/05/2006

Feuille de Sadique
Aime mutiler:
1/150  (1/150)
Possede des Crânes humains:
1/150  (1/150)
Misanthrope :
1/150  (1/150)

MessageSujet: Re: Lynchage de Jesse Washington   Mer 30 Juil - 16:46

J'avais oublié sa tête, par contre. J'avoue. Je vais me faire fouetter ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.heresie.com/thanos
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Lynchage de Jesse Washington   

Revenir en haut Aller en bas
 
Lynchage de Jesse Washington
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Heresie :: Général :: Inquisitor-
Sauter vers: