Heresie

Dark Culture
 
AccueilAccueil  PortailPortail  PublicationsPublications  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  Heresie.com  Dictionnaire Infernal  Cinéma Satanique  Francis Thievicz  Elisandre  

Partagez | 
 

 Le Nécrophile Gabrielle Wittkop

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
ElricWarrior
Hérésiarque - Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1996
Age : 77
Localisation : Terre d'Hérésie
Actes nécrophiles : 9
Hommes torturés : 2889
Date d'inscription : 14/08/2004

Feuille de Sadique
Aime mutiler:
35/150  (35/150)
Possede des Crânes humains:
10/150  (10/150)
Misanthrope :
15/150  (15/150)

MessageSujet: Le Nécrophile Gabrielle Wittkop   Dim 22 Déc - 9:20

Fille illégitime de l'archéologie, mais moins chanceuse que sa mère, la nécrophilie transcende l'homme au-delà de son animalité. Moins radicale que le suicide, mais comme lui acte de transgression, elle a l'avantage de pouvoir se répéter sans toutefois tomber dans la routine, les difficultés pratiques s'opposant à ce que l'assouvissement peut avoir de machinal et d'irréfléchi. Si la pulsion se déclenche à la faveur des circonstances, elle ne peut parvenir à ses fins sans inventer des ruses qui, ardues à concevoir et périlleuses à exécuter, haussent le nécrophile au rang des grands amoureux.
Inventif et héorïque comme eux, il est aussi profondément isolé et, fier de son impériale solitude, brave les dangers et la morale bien-pensante. L'amour nécrophilique est sans doute le seul qui soit vraiment pur puisque même amor intellectualis entend être payé de retour. Pas de contrepartie pour le nécrophile, le don de lui-même n'éveille aucun écho. Par surcroît, il est asocial et apolitique, condamné non seulement au nom des moeurs conformistes, mais, de plus, confondu avec les profanateurs de tombes qui agissent par idéologie raciste, dans le cadre d'une psychologie de masse.
Désireuse de rompre le silence d'un hypocrite interdit et d'apporter de nouvelles facettes à la littérature érotique de notre siècle, je résolus donc en 1972 de créer le personnage de Lucien N. Ce fut alors comme si hors de moi-même et sous l'impérieuse dictée de ma créature, je me fus identifié à elle en décrivant ses extases et son calvaire passionnel.
La critique de l'époque fut d'emblée favorable au livre qui fut traduit en espagnol et en italien, puis porté à la scène par le Centre Dramatique National en 12997 et 1998. Aujourdh'ui, les nouveaux lecteurs, en la sensible réceptivité desquels je place ma confiance, vont prendre contact avec ce texte inquiétant.
Alors qu'il s'est accoutumé aux descriptions physiologiques, - accoutumance survenant d'ailleurs avec une surprenante promptitude et comme s'il suffisait simplement d'accepter l'inacceptable - le lecteur se sent alors proche du nécrophile dont la pathétique humanité éveille la sympathie, la compassion aussi. Car le personnage de Lucien N. suit une voie paraboliquedont, connaissant le focus et la ligne directrice, on peut automatiquement prévoir la courbe d'un mouvement continu. C'est à dire que dès l'expérience qui dans l'enfance détermine sa future nécrophilie, la destinée de Lucien N. se dessine d'inéluctable façon et que sa fin n'est rien d'autre que la justification de sa carrière vitale. Alors, dans les dernières pages, les jumeaux suédois et la mer adoptent une dimension mythique, préludant immédfiatement la mort de Lucien N.promis comme eux, mais surle seul plan métaphysique, à l'absorption dans ces eaux originelles dont tout provient et où tout doit retourner.
Les personnes qui pourraient être choquées par ce texte n'auraient alors pas saisi que la mort est indissociable de la vie et que refuser obstinément l'idée de celle-là, c'est ne pas savoir traverser heureusement celle-ci.
Peut-être est-ce pourquoi la bague des courtisanes élisabéthaines figurait une tête de mort, afin que le signe de Thanatos voisine avec les fomentations d'Eros. Les affres de l'anéantissement cessent aussitôt que leur notion est désamorcée par les rythmes quotidiens. Lorsque Hamlet s'étonne de la gaîté du fossoyeur creusant une tombe, Horatio lui répond simplement, V, I : "Custom hath made it in him a porperty of easiness" : l'habitude lui rend la chose indifférente. On ne saurait mieux dire.



Antiquaire à Paris, Lucien N. est amateur de netsuke japonais, ces statuettes burlesques mettant en scène de vigoureux ébats avec des morts. Lui aussi aime posséder les cadavres arrachés à leur sépulture. Dans un journal intime, ce collectionneur macabre distille l'histoire secrète de ses amours nécrophiles. Jeunes ou vieux, hommes ou femmes, chaque trépassé est l'objet d'une minutieuse ferveur érotique. Au fil des pages, l'inquiétant esthète remonte à l'origine de cette jouissance des corps au sexe glacé, à la chair bleue, au parfum de bombyx, où s'épanche sa profonde solitude. La langue de Gabrielle Wittkop, froidement sensuelle et débarrassée de toute tentation morale, offre le portrait d'un amoureux sans pareil.






_________________
http://www.heresie.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.heresie.com
vesperal
Virus Ebola
avatar

Nombre de messages : 1194
Actes nécrophiles : 0
Hommes torturés : 752
Date d'inscription : 22/09/2005

Feuille de Sadique
Aime mutiler:
1/150  (1/150)
Possede des Crânes humains:
1/150  (1/150)
Misanthrope :
1/150  (1/150)

MessageSujet: Re: Le Nécrophile Gabrielle Wittkop   Jeu 30 Jan - 8:52

Assez fou comme livre. Ca a beau être très court on a du mal à imaginer beaucoup de scènes plus poussées sur le sujet que dans ce livre.

Par contre est-ce que la scène en Italie avec la femme qui embrasse un crâne et le nécrophile qui tente "des choses" en vain n'a pas été reprise par quelqu'un d'autre, dans un livre ou un film? Ca me dit quelque chose.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
ElricWarrior
Hérésiarque - Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1996
Age : 77
Localisation : Terre d'Hérésie
Actes nécrophiles : 9
Hommes torturés : 2889
Date d'inscription : 14/08/2004

Feuille de Sadique
Aime mutiler:
35/150  (35/150)
Possede des Crânes humains:
10/150  (10/150)
Misanthrope :
15/150  (15/150)

MessageSujet: Re: Le Nécrophile Gabrielle Wittkop   Jeu 30 Jan - 8:56

Je ne m'en souviens plus du tout, il faudrait que je le relise.

Par contre il y'a un film qui fit scandale à l'époque sur Arte "Le nécrophile de F. Barassat"




En 2004, Barassat réalise Le Nécrophile qui attise les foudres du nouvel ordre moral... En 2001, alors que Folle de Rachid en transit sur Mars vient de sortir en salles, accompagné d'un bel écho critique, Philippe Barassat présente à l'avance sur recettes le scénario Le Nécrophile, l'histoire d'un homme cafardeux qui n'a de relation sexuelle qu'avec des mortes. La Ddass confie à cet homme la garde de sa cousine, 10 ans, et celle-ci ne tarde pas à découvrir le pot aux roses. Contre toute attente, elle décide alors de l'aider en s'offrant à lui. Mais devant sa réticence, elle se contente de l'accompagner chaque soir au cimetière. Rejeté une première fois par le Centre national du cinéma (CNC), le film finit par obtenir une subvention en commission plénière. À la suite de quoi, la Brigade des mineurs apprend au cinéaste qu'un groupe de pression s'apprête à porter plainte contre le projet. Quand le film passe devant une commission chargée de la protection de l'enfance, ça se corse encore. Autour de la table, un représentant de la Ddass, un autre de la médecine du travail et un dernier du CNC, censé soutenir le dossier. Or, contre toute attente, le mandataire du CNC, Alain Lameyre, se lance dans une fusillade moralisante, dénonçant une «apologie de la pédophilie», tendance que le projet n'énonçait pourtant jamais. David Kessler, alors président du CNC, désavoue son mandataire. Mais le mal est fait : Barassat doit remonter jusqu'à Elisabeth Guigou, alors ministre du Travail, pour obtenir un avis favorable. Un temps annulé, le tournage peut démarrer. La petite fille est trouvée, en la personne d'Ilona Szabo, et c'est le génial cinéaste portugais João Cesar Monteiro qui doit incarner le rôle-titre. Hélas, gravement malade, il se retire. Laurent Terzieff, qui avait accepté de le remplacer, se désiste aussi. A quelques jours du tournage, Barassat rencontre Freddy Bournane, acteur au physique de vampire. Autorisation. Mais, entre-temps, la médecine du travail refuse de donner son autorisation aux autres enfants figurant dans le film. Barassat doit trouver des garçons âgés de 16 ans. Quand il tourne enfin, sa trésorerie est dans le rouge du fait des différents retards. Le montage se fera avec une misère. La version projetée dure 48 minutes, elle est interdite au moins de 16 ans mais est finalement diffusée sur Arte

_________________
http://www.heresie.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.heresie.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le Nécrophile Gabrielle Wittkop   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le Nécrophile Gabrielle Wittkop
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Heresie :: Général :: Littérature-
Sauter vers: