Pour ceux ou celles qui sont sur Paris.
Critique de l’Indépendant
(29 Janvier 2009)
"Pedro nerf de bœuf" : un vaudeville qui n'a pas manqué de charme Une pièce alternant légèreté, cruauté et psychodrame, jouée jeudi soir au théâtre du Palais.
Avec "Les deux filles de Pedro nerf de bœuf", création de la compagnie du Théâtre en marche, sur un texte original de Philippe Cabot, jouée jeudi soir, au théâtre du Palais, on ne sait sur quel pied danser. Tant le fil conducteur de la pièce se perd dans les méandres schizophréniques de l'imaginaire des deux personnages. Une pièce qui n'a toutefois pas manqué de charme, puisqu'à l'origine tenue par deux rôles masculins et transformée au féminin par André Nader (metteur en scène) avec la présence de Mathilde (Elodie Ruffié) et Angèle (Keiko).
Tout, dans le décor, la mise en scène, les répliques, permet un mélange entre improbable, absurde et burlesque. Les deux filles de Pedro enfermées depuis deux décennies dans un abri atomique à la suite d'une catastrophe nucléaire et qui rivalisent d'imagination pour passer le temps.
Sans minimiser, les deux sœurs qui "s'emmerdent" tellement au point de se détester cordialement, se renvoient sans cesse leurs pires défauts à la "gueule". Entre la "connasse" et la "gouinasse", un échange d'invectives et de cruauté à l'état brut, mêlées de poses lascives, parfois lubriques. Déroutant, savoureux!
La pièce, très souvent – sans trop l'être – grossière, ne tombe pas pour autant dans le vulgaire facile.
Désorienté. Le spectateur aura été souvent étonné, voire désorienté et désappointé par les renversements de situation. A tel point que l'on pouvait se demander au milieu de la pièce, lorsque les deux sœurs feignent une séance psychiatrique entre le médecin et son patient, s'il ne s'agissait pas du contexte réel. Mais comme les rôles s'intervertissent avec une telle facilité et célérité, entre délire psychédélo-schizophrénique, et retour au côté pathétique d'une pauvre existence carcérale, le spectateur aura vite compris que tout est dans l'absurde et le second degré. Excepté l'épilogue où la difficulté de l'enfermement et la solitude ramènent aux plus bas instincts, et aura finalement raison de la plus forte des personnalités. Les deux filles choisissent de s'effacer, plutôt que continuer à jouer et théâtraliser leur vie...
